14 janvier 2018. Sept ans après la révolution tunisienne, toujours les mêmes demandes : « Liberté, Travail, Dignité ».

14 janvier 2018. Sept ans après la révolution tunisienne, toujours les mêmes demandes : « Liberté, Travail, Dignité ». 

Les manifestants en Tunisie qui sont descendus dans la rue en janvier 2018 formulent exactement les mêmes revendications qu’en janvier 2011 : Liberté (revendication politique), Travail (revendication sociale) et Dignité (revendication de respect des individus dans leur diversité).

C’est le budget d’austérité qui a déclenché le mouvement en 2018. Ce budget pèse sur les classes populaires et moyennes, tandis que les riches sont préservés sur tous les plans, notamment par une immunité judiciaire et fiscale pour les proches de l’ancien président Ben Ali qui sont revenus en force au pouvoir.

La rigueur budgétaire est menée sous la pression du FMI qui a accordé un prêt de 3 Milliards de $ en contrepartie de réformes libérales (toujours la même histoire), réformes qui sont totalement en contradiction avec les demandes sociales qui s’expriment depuis 2011.

Nous posons la question : pourquoi faut il faire appel à la finance internationale (celle du FMI ou celle des grandes banques privées) pour régler un problème de financement interne ? L’épargne qu’un pays peut constituer est une donnée hautement politique : elle exprime la préférence collective pour le présent, et doit trouver réponse au niveau interne. La Tunisie, aujourd’hui, la Grèce hier, payent très cher cette soumission (volontaire) aux marchés financiers internationaux, ce qui permet aux dirigeants d’échapper au débat politique interne sur l’effort d’épargne (d’arbitrage entre présent et futur) à mener pour équilibrer en toute souveraineté la situation du pays.

Cette soumission aux marchés financiers est générale : pays du Nord comme pays du Sud s’y adonnent, en nous faisant croire qu’il n’y a aucune autre solution. Cet endettement génère des masses d’intérêts considérables, qui viennent enrichir les banques internationales [1], alimentant la financiarisation de l’économie sans créer de richesse.

Après la crise de 1997, les pays d’Asie du Sud Est ont décidé de ne plus se laisser piéger par les banques internationales et ont élaboré des solutions endogènes. Voir sur ce point l’excellent article de Jean-Raphaël Chaponnière https://asialyst.com/fr/2017/06/30/il-y-a-vingt-ans-crise-asiatique-consequences-toujours-actualite/

______________________________________________

[1] La faiblesse des taux d’intérêt ces dernières années a justifié l’accroissement gigantesque des endettements des Etats vis-à-vis des marchés financiers, ce qui a assuré un montant d’intérêt plus que confortable pour les grandes banques internationales.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *