Liberté et de création au souk de Marrakech

Souk de Marrakech, quartier des forgerons, un espace de liberté et de création

Quartier des forgerons : un lieu sombre, où percent les lueurs aveuglantes des arcs électriques des fers à souder. Un espace sonore, où résonne en rythme le bruit des martèlements des marteaux sur les enclumes.

Liberté de création au souk de Marrakech

Au milieu, une boutique où Ahmed a créé pendant des années des figures en zinc découpé. Des figures représentant des scènes de la mythologie religieuse (Adam et Ève autour de l’arbre du péché…) ou de l’imagerie populaire (femmes légendaires, monstres marins…). Sans égards pour les interdits de représentation humaine qui courent ici et là. Ahmed travaillait avec un ouvrier assistant qui œuvrait à ses cotés.

Quelques unes des œuvres d’Ahmed

J’avais l’habitude de passer les voir, dans le dédale du souk. Ahmed m’invitait à prendre le temps de boire un verre de thé avec lui. Je m’asseyais dans sa boutique toute de noir couverte d’où émergeaient les feuilles blanches des dessins de ces figures qui sortaient de son imagination.

Pas de discours, pas de marchandage

Ahmed ne commentait pas son oeuvre. Pas de discours, tout était à voir, accroché aux murs de sa boutique. En outre, il ne marchandait pas le prix de ses œuvres. J’aimais bien ce positionnement, souriant, sûr de la valeur de son travail, ferme. En 2004, j’avais commandé à Ahmed la fabrication d’une girouette pour la maison d’un ami d’alors. Une girouette faite à partir de l’image d’un chat, dessiné par lui, à sa façon.

Les photos de ces créations ont servi de fil conducteur d’un livre illustré sur la médina de Marrakech, il y a quelques années. Ces figures, qui me font penser aux fers découpés d’Haïti, représentent une ouverture sur la liberté, un îlot de création individuelle aux cotés de la rude fabrication de portes et fenêtres en métal… ou de colifichets et autres babioles stéréotypées pour touristes.

Une figure mythologique composée par Ahmed

Ce mois de mai 2018, j’apprends que Si Ahmed est parti là d’où on ne revient pas. Quelle tristesse !

Mais son ouvrier a repris le flambeau, pour faire vivre au-delà de son créateur ces figures naïves et fortes à la fois.


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