Les motifs des guerres en Libye, en Iraq ? Mensonges, mensonges, mensonges ! Les responsables courent toujours.

Les motifs des guerres en Libye, en Iraq ? Mensonges, mensonges, mensonges ! Les responsables courent toujours.

A l’occasion de la sortie de son essai « Guerres humanitaires ? Mensonges et Intox », Rony BRAUMAN a donné à Mediaprt un entretien dont je retire un point : la guerre en Libye.

Cette guerre a été déclenchée par trois des cinq membres du Conseil de Sécurité : France, Grande Bretagne et Etats-Unis. C’est le président Sarkozy qui a été moteur dans cette affaire, réussissant à obtenir de l’ONU une « autorisation à faire la guerre ». Sur quelle base ? Pour des « raisons humanitaires », car il fallait « arrêter les massacres de manifestants libyens à Benghazi qui demandaient la démocratie ». Pour « preuves », la répression à l’arme lourde par l’armée de Khadafi d’une manifestation pacifique à Benghazi ayant provoqué un massacre parmi la population désarmée. Mais aussi la découverte de charnier contenant près de 6.000 cadavres….

Or, on sait maintenant que ce « massacre » n’a jamais existé, et que le « charnier » découvert contenait les dépouilles de quelques centaines de prisonniers victimes d’un assaut de l’armée plusieurs années auparavant, ainsi que des cadavres de chameaux. La constatation de ces mensonge ne fait pas de Khadafi un démocrate, loin de là.

Ainsi, cette guerre a été déclenchée sur la base de mensonges éhontés. Comme le fut la guerre d’Iraq de 2003, déclenchée par les USA pour détruire un arsenal nucléaire… qui n’existait pas. Nous sommes en pleine post-vérité ! !

Dans les deux cas, les conséquences funestes ont été colossales : outre les milliers de morts dans les affrontements en Iraq et en Libye, ces guerres déclenchées sur la base de mensonges d’Etat ont provoqué des déstabilisations régionales profondes et durables aux conséquences gigantesques pour l’équilibre du monde, pour notre vie quotidienne ici, maintenant.

Au Moyen Orient, la guerre de 2003 en Iraq a offert aux jihadistes un terrain d’aventure rêvé, qui s’est étendu ensuite à la Syrie. Les soutiens aux différentes forces syriennes en présence en des alliances changeantes et non transitives (l’ami de mon ami peut être mon pire ennemi) par les acteurs extérieurs (Etats-Unis, France, Grande Bretagne, Russie, Iran, Arabie Saoudite, Israël, Qatar, Turquie, Liban…) ont accru l’intensité de la guerre interne, provoquant des déplacements massifs de population dont une infime partie est parvenue à rejoindre l’Europe, causant d’importants troubles politiques sur le continent.

En Libye, le conflit de 2011 a brisé la fragile unité des tribus que Khadafi maintenait sous sa poigne de fer, plongeant le pays dans le chaos auquel les jihadistes ont pris leur part, accroissant la confusion sécuritaire intérieure.

Au plan régional, le conflit a débouché sur la dissémination de la violence et des arsenaux (vendus par les pays du Nord) dans toute l’Afrique de l’Ouest. Niger, Burkina Faso, Centre Afrique, Tchad, Nigeria et Mali sont ainsi devenus les terrains d’action de divers groupes jihadistes qui rencontrent çà et là des préoccupations régionalistes. Jusqu’alors pays de destination d’importantes communautés de migrants sub-sahariens, la Libye est devenue brusquement une terre de départ vers l’Europe, en de fragiles esquifs d’où basculent au fond de la mer des milliers de migrants.

La guerre de Sarkozy en Libye en 2011 a été l’équivalent de la guerre de Bush fils en Iraq en 2003, tous deux, pris dans l’idéologie néo-conservatrice. Quel Tribunal jugera ces responsables ?

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