« Jassad (i) » poèmes de Najwa BENCHEBAB. « Corps ». « Mon corps ». C’est le sujet de ce recueil de poèmes que nous livre ici la poétesse Najwa Benchebab. Des textes en français où s’entrelacent des phrases en arabe. Dans cette belle écriture qui courre, souple et légère avec sa pluie de petits points, aux côtés des caractères latins.
« Mon corps », dit-elle.
Quelques dizaines de pages pour esquisser le corps. A la première personne. Pour sculpter un corps souple et vivant. Avec des mots simples et forts. Qui dessinent une silhouette par petites touches. Des mots comme des lumières et des ombres pour dire le corps possédé, assigné, contrôlé. Le corps tabou, violenté, tatoué. Le corps frontière, insurgé. Mais aussi corps en libération.
Autant de chapitres qui nous guident au fil de l’ouvrage. Le tout finit par produire une silhouette identifiable. De femme. Autant de facettes pour former cette frêle esquisse. Frêle ? Pas tant que ça !
Le corps de l’homme n’est pas absent
Il est seulement tenu à distance de son propre désir. Pour être clair, de son désir à elle. Dans le respect mutuel. Avec, comme défense, les mots pour le dire. Et tant pis si on les emprunte à une langue étrangère à la langue maternelle. La langue est hybridation. Emprunts réciproques. Enrichissements par croisements. Comme la vie.
Frontières, identités…
La poésie est ici outil pour questionner les frontières, l’identité. Entre Sud et Nord dans la multiplicité de ses faces. Pour faire lien entre les mondes. Avec une vigilance particulière aux rapports de domination. Assignations. Insurrections.
Quelques expressions empruntent aux mathématiques. Des clins d’œil à d’autres dimensions. A d’autres disciplines. Avec humour et subtilité.
Jeux aussi avec la forme des lettres. Avec la répétition. Les lettres prises comme marques graphiques, où le mot est mis en image. Est image. Signe formé de signes. Echo aux créations surréalistes. On pense aux calligrammes d’Apollinaire[1]…
Najwa Benchebab nous tient ici la main sur le chemin de l’expression poétique. Merci Najwa !
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Najwa Benchebab, poétesse. Mais aussi psychologue clinicienne. Photographe. Femme de théatre… L’auteure franchit avec assurance les frontières des connaissances, des disciplines, des expressions, des mots. Une conscience solide de sa condition de femme, sans reculs. Et avec joie. Dans un grand rire sur elle-même qui nous entraine. Un sens du partage. Une exigence de vie !
Depuis 2022, ses créations visuelles et narratives ont été présentées dans plusieurs festivals internationaux. Saluées pour leur authenticité et leur portée universelle. Pour en savoir plus sur Najwa Benchebab, voir ==> ICI
[1] Le calligramme La cravate et la montre (1914), de Guillaume Apollinaire est un exemple de poésie typographique avec la représentation visuelle d’une cravate et d’une montre. L’effet pictural de l’écriture est une invitation à traiter simultanément les aspects visuels et verbaux du poème.
Ce recueil de poèmes nous fait penser au travail de Jeanne Benameur « Vers l’écriture ». Voir ==> ICI
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