hégémonie britannique sur l'Europe

La Grande Bretagne a dominé l’Europe

La Grande Bretagne a progressivement su imposer sa vision, ses méthodes, sa stratégie internationale, sa vision du monde à l’Union Européenne.

Hégémonie britannique sur l’Europe

La GB a réussi à faire prévaloir sa vision des règles. Celle d’une démarche basée sur les procédures et non sur les contenus. Cette démarche est sans doute constitutive de l’identité britannique, mais ne correspond pas aux fondamentaux culturels d’une grande partie des sociétés d’Europe, notamment sur sa partie méditerranéenne. Mais la fascination des élites de tous les pays du continent pour le modèle anglo-saxon a ouvert la porte aux modes de pensée britannique à Bruxelles sans égards pour les fondements anthropologiques de leur société [1].

La langue anglaise, vecteur d’influence

Les britanniques ont joué aussi avec leur langue pour imposer un quasi monolinguisme dans les administrations européennes. Souvent, les textes sont écrits directement en anglais et ne sont plus traduits (en dépit des règles en vigueur au sein des instances de Bruxelles). Les pays du Nord de l’Europe ont été les vecteurs de cet envahissement de la langue anglaise. Mais aussi l’Espagne, le Portugal et l’Italie, qui n’ont jamais mis en avant la latinité de leur langue. Pour une raison essentielle : la France n’a jamais revendiqué cette proximité culturelle avec les pays du Sud de l’Europe, préférant s’aligner culturellement sur le monde anglo-saxon, et mépriser les pays latins (y compris sa propre composante latine). N’oublions pas la désignation de « PIGS » pour « Portugal, Italy, Grece, Spain » que des britannique utilisent pour désigner les pays méditerranéens de l’UE.

Le fer de lance du néo libéralisme

Au total, l’orientation libérale de l’Europe impliquant le recul de l’action collective (Etat) et la financiarisation de l’économie, doit beaucoup à la présence britannique à Bruxelles.

Les politiques et fonctionnaires du Royaume Uni ont déployé une stratégie d’alliance et d’influence, en faisant du Danemark, des Pays Bas notamment les meilleurs défenseurs des thèses britanniques à Bruxelles. Quelle belle réussite en matière d’influence, face à la France qui a mené une politique du « Panache blanc », prenant seule des initiatives et attendant que les autres pays se rallient à elle… avec le succès que l’on sait.

Une vision du monde

Enfin, les options géostratégique ont été fortement marquées par la diplomatie britannique. Ce pays continue de dominer le monde par procuration : son enfant rebelle, les Etats Unis, a pris le relais de son hégémonie passée. Il a pesé de tout son poids pour faire de l’UE un simple marché commun, ouvert à la mondialisation, sans autonomie politique sur le plan international. Surtout, quand le Mur de Berlin s’est effondré et avec lui l’emprise russe sur l’Est européen, l’option britannique s’est imposée, en faisant entrer d’une façon précipitée les PECO (Pays d’Europe Centrale et Orientale). Cette entrée a profondément modifié l’équilibre des forces internes à l’UE au profit des orientations libérales et atlantistes. La politique française a été consentante ou aveugle.

Les élites britanniques désemparées

Aujourd’hui, les élites britanniques sont désemparées par la résistance des pays continentaux dans les négociations du Brexit. Elles menaient Bruxelles par le bout du nez, obtenant réduction de leur cotisation, exemption sur les lois sociales… Aujourdhui, elles ne savent plus quoi faire devant la résistance inattendue des dirigeants continentaux.

La peur de l’exemple aux yeux d’autres volontés de sortir a soudé les 27 pays.

La technostructure complexe qui a été construite au niveau européen et mondial est bien là pour empêcher tout changement !


[1] Ce qui relève, selon moi, d’une mentalité de colonisé. Voir –> « Ancré et Ouvert »

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