Les indépendantistes catalans ont sauvé l’Union Européenne face à la Grande Bretagne du brexit

Une unanimité inattendue. Dans les négociations du brexit, les 27 pays « restant » dans l’UE ont fait preuve d’une étonnante unanimité dans la rigueur de leur position de négociation face à la Grande Bretagne. Étonnant, quand on connait les difficultés à unir les gouvernements des 27 pays sur des sujets beaucoup moins importants. Et surtout, étonnant quand on connait les manœuvres incessantes de la GB, depuis son entrée dans l’Union, pour diviser les pays européens du continent sur tous les sujets possible, afin d’instiller sa façon de construire l’Europe, et faire triompher à Bruxelles les modes de pensée anglo-saxons.

Je peux témoigner de cet envahissement de cette pensée britannique pour avoir participé à tant de réunions dans les différentes instances de l’UE.

A Bruxelles, la GB a ainsi détrôné la France qui avait imposé ses visions pendant les premières années de la construction européenne quand elle n’avait face à elle qu’une Allemagne affaiblie politiquement par sa défaite au sortir de la Seconde guerre mondiale.

Briser tout rêve d’indépendance. L’immense crainte des pays européens d’une contagion de l’exemple catalan aux Basques, aux Piémontais, aux Écossais, aux Corses…, a tétanisé les gouvernements continentaux dans une volonté résolue de briser tout rêve d’indépendance au sein de l’Union. L’échec kurde et la reprise en main par le pouvoir central de Bagdad en Iraq, concomitant avec l’affaire catalane à l’automne 2017, a joué comme un écho amplificateur de cette crainte.

Chaos sur les bords de la Tamise. C’est cette résolution inattendue qui créée la profonde confusion en Grande Bretagne quand au Brexit. Division profonde du Parlement, mais aussi de l’opinion publique, incapacité de prendre des décisions opérationnelles. Assis sur leur hégémonie politique de fait au sein de l’UE, adossée à la puissance des Etats Unis, les britanniques avaient l’habitude d’imposer facilement leurs vues aux pays du continent. La résistance des 27 pays continentaux la désarçonne totalement !

Vers une émancipation de la tutelle britannique ? Par défaut, cette attitude britannique en dit long sur la soumission passée des dirigeants continentaux aux injonctions britanniques, en forme de servitude volontaire. La sortie du Royaume Uni de l’UE, ajoutée aux coups de boutoir contre le multilatéralisme de Trump, vont-ils inciter les dirigeants européens à redonner aux politiques européennes une certaine autonomie ?

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