Retour de Chine. Rouille et eau.

Retour de Chine. Rouille et eau.

Les campagnes défigurées, l’emprise de la mécanique dans le monde rural. Partout, des machines rouillées qui fonctionnent dans un bruit effroyable (dragueuses, scieries, grues, camions…). Je pense aux traces du Grand Bond en avant (大躍進) qui, de 1958 à 1960, a lancé une tentative d’industrialisation par le bas, en généralisant la production d’acier dans des mini-hauts-fourneaux dans les campagnes. Ce fut un gigantesque échec. Reste-t-il des traces de cette expérience ?

L’eau partout dans les campagnes. Multiples ruisseaux, rivières, forêts exubérantes, surtout dans le Sud. Cela fait penser aux montagnes du Nord Vietnam, aux montagnes de Tam Dao. Tout à l’opposé des paysages d’Afrique du Nord qui me sont familiers, marqués par une faible quantité d’eau disponible, une végétation rare et concentrée là où l’eau est présente. La nature dans la Chine du Centre et du Sud offre l’image de luxuriantes forêts où se mélangent pins et bambous. Pour moi, c’est comme mélanger l’eau et le feu tant ces arbres sont peu associés dans les paysages méditerranéens. Les uns et les autres renvoient, pour moi, à d’autres pays, d’autres paysages, d’autres régions, d’autres altitudes.

Avec la forte humidité permanente, le linge met du temps à sécher. Aussi en voit-on très souvent aux fenêtres. Mais, dans les grandes villes comme à Shanghai, il est interdit de l’exposer à l’extérieur pendant les manifestations internationales, comme le sommet de l’APEC (Asia-Pacific Economic Cooperation).

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