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Paris – Lyon – Marseille en TGV

Paris – Lyon – Marseille en TGV

Je ne me lasse pas de ce film panoramique que le TGV nous offre par ses fenêtres quand on traverse avec lui la France du Nord au Sud.

On quitte Paris – Gare de Lyon… on arrive vite en banlieue, le train accélère. On passe sur la gauche la grande station d’épuration près de Créteil, puis… on s’enfonce dans un tunnel, puis, très vite, un second tunnel. Comme un rideau entre la ville et la campagne. Au sortir du second tunnel, on est en pleine campagne. La Beauce plate et riche. Je pense que la puissance passée de la France s’est construite sur ces terres fécondes…

Cette traversée de la France depuis Paris vers le Sud nous met les saisons dans la tête. En hiver, les arbres à feuille caduques se déplument. Quelques pins ponctuent de leur vert sombre les forêts qui dressent leurs branches nues vers le ciel. Souvent, une brume s’accroche aux arbres. Ah, une biche au coin du bois. L’ai-je bien vue ou rêvée ? Octobre, les forets virent à l’ocre rouge. Avril-mai, le jaune-citron des champs de colza cotoie le vert tendre des jeunes pousses de blé en de rigoureuses géométries. En juin, l’ocre jaune des champs des blés murs offre ses mille nuances, lacérées par les engins qui, sagement, les traversent. Pour déverser des produits chimiques ? Sans doute. Des silos-cathédrales ponctuent le paysage…. Soudain, une église russe, perdue au milieu des champs, proche d’un château d’eau en forme de champignon. Quelle est l’histoire de cette église, non, de cette chapelle russe en pleine Beauce ? De temps en temps, des aqueducs de belle construction surgissent à la vitesse du train, et s’évanouissent derrière une colline.

De fait, le voyage en TGV m’enchante car il court à travers champs, sans suivre les tracés historiques des lignes du chemin de fer. Nous sommes littéralement en plein-champs, au milieu des vaches blanches et des bocages de Bourgogne. Des demeures campagnardes et petits châteaux témoignent de la richesse agricole de ces régions. Derrière le crépis des fermes, l’œil exercé identifie les modules de terre qui, très souvent, constituent les murs des bâtiments. Des paysages comme dans les livres d’enfant : les champs délimités par des haies vives, des petites routes qui serpentent dans la verdure, des villages comme dans les histoires, avec le clocher au milieu des maisons, des vaches et encore des vaches qui paissent tranquillement. Ont-elles le temps de voir passer le train à la vitesse où il va ?

Les premiers monts du Morvan se dessinent à droite. Le paysage devient vallonné, nous sommes en pleine nature. Quel spectacle !

Au bout d’un long tunnel, nous débouchons sur un pont qui domine une grande plaine urbanisée. Nous avons quitté la campagne, nous sommes en région lyonnaise. Au loin à droite, on devine le « Crayon », ce gratte-ciel près de la Gare de Part-Dieu, dans le centre de la ville.

On pénètre alors dans la Vallée du Rhône, encadrée à droite par le Massif Central et à gauche par les monts des Alpes, à commencer par le Vercors qui nous offre sa crète calcaire découpée au couteau.

Les cultures ici sont diversifiées, dans les alluvions drainées depuis des millions d’années par le Rhône et la Saône depuis les Alpes et le Jura. Des châteaux à flanc de montagne défilent sur les deux bords du « sillon rhodanien ». Une centrale atomique se profile, menaçante, avec son panache de vapeur blanche. Un champ de panneaux solaires : mais pourquoi ne pas les avoir mis en hauteur pour ménager des espaces à cultiver au sol dans une terre si riche ? La Gare de Valence TGV, une gare qui chevauche la voie du train, des baies vitrées ouvertes à tout va, le sol tout en pente douce, un vrai délice d’architecture moderne !

Et le paysage reprend ses droits, les Alpes à gauche, fières et pointues, avec les sommets enneigés en hiver… Progressivement, la végétation change, nous arrivons dans le Midi. Le franchissement de la Durance, les châteaux près d’Avignon (mais on n’en voit pas le Pont !), la Sainte Victoire à gauche à l’approche d’Aix en Provence. La garrigue annonce la Provence. Un long tunnel… et nous débouchons sur Marseille, ses quartiers Nord, l’Estaque chers aux impressionnistes à droite, la mer enfin. Nous y sommes, le TGV dans sa magie a remplacé la « Nationale 7» qui avait en son temps inspiré les poètes et Charles Trenet…

Qui chantera le TGV aujourd’hui ? Qui fera la musique du film qui passe sur l’écran des fenêtres du TGV ?

Et entre Casablanca et Marrakech, le train nous fait voir un tout autre film, tout aussi somptueux. La campagne marocaine entre les riches plaines fertiles du bord de mer, les zones arides de l’intérieur, les Jebelets (les petites montagnes) avant d’arriver à la Ville Rose. Tout un spectacle !

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