La Haine remède à l’angoisse ?

La haine, remède à l’angoisse ?

A l’échelle individuelle, c’est clair

La haine, l’agressivité, l’entrée en conflit sont des remèdes parfaits pour échapper à l’angoisse. On projette sur l’autre son anxiété. On l’accuse de tous les maux. On enclenche une relation tendue avec l’autre. On déclenche une série d’émotions qui font oublier sa propre souffrance.

Avec un travail sur soi, on peut limiter ce type de réaction, et la relation à l’autre (mari, parent, enfant ou collègue au travail) s’en trouvent vraiment améliorée.

A l’échelle collective ?

Il semble que oui. Mais il faut que des relais publics, politiciens et médias, donnent à l’angoisse une dimension collective, en diffusant des mensonges appuyés sur des croyances communes qui « mordent » sur l’imaginaire social d’une partie de la société. Aucun argument rationnel ne parvient à enrayer la spirale de la haine qui envahit les imaginaires de parties de la société. Il reste toujours quelque chose des mensonges répétés à longueur de temps ! Les déchaînements de violence peuvent ainsi conduire au génocide. Ce fus le cas dans les massacres de Tutsis au printemps 1994 au Ruanda, avec la manipulation de relais médiatiques et politiques.

voir –> Tous racistes?

Dans le monde, aujourd’hui

Les blessures sociales et identitaires qui frappent toutes les sociétés du monde, au Nord comme au Sud, provoquent une angoisse à l’échelle de masse que les politiciens de droite et d’extrême droite, chacun à leur façon et avec l’appoint des médias, projettent dans la haine de l’étranger.

Peur du déclassement, peur pour l’avenir de ses enfants. Peur de sombrer dans la pauvreté… Peur de perdre ses repères dans le tourbillon de la mondialisation…

Toutes ses peurs, ces angoisses, sont instrumentalisées pour les transformer en haine de l’autre. C’est ce qui se passe à une échelle de masse en France, mais aussi en Europe, en Inde, en Birmanie, au Maroc, en Tunisie, aux Etats Unis, en Israël, en Afrique du Sud… Egalement dans les conflits en Iraq, en Syrie, au Mali. Ou en Nouvelles Zélande, en Norvège, aux USA…

La même matrice entre extrême droite et islamisme radical

Une obsession commune : identifier et désigner un ennemi. La main dans la main, extrême droite et islamisme radical soufflent sur les braises de la haine, ici et là. C’est même ce qui fait de Daech un mouvement d’extrême droite, faisant de la haine de l’Autre son carburant essentiel !

Le procédé est vieux comme le monde. Le bouc émissaire est là, créé pour faire oublier ces peurs. Il y a même une jouissance individuelle dans la haine de l’autre !

Que faire contre la haine, remède à l’angoisse ?

Prendre conscience du mécanisme à l’œuvre dès sa naissance. Dénoncer, inlassablement, les mensonges sur la bases desquels l’extrême droite et l’islamisme exploitent ces peurs. Mettre en valeur les actions de solidarité avec l’autre (le réfugié, le migrant, celui qui est différent par sa couleur, sa croyance, son orientation sexuelle… ) qui sont entreprises dans la société. Former les journalistes pour les rendre conscients des effets du traitement des informations dont ils sont responsables…

Engager des actions avec les jeunes pour démonter les pièges de la haine que nous tendent ces forces xénophobes et racistes.

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