Envoyer ses enfants à l’école ne va pas de soi

Marrakech, aout 1995. Mahmoud a repris l’entreprise de menuiserie de son père. Plus exactement, il a transformé une activité traditionnelle de tourneur en une menuiserie-ébénisterie moderne. En intégrant le bois tourné dans les meubles, comme
on le trouve dans le mobilier de l’artisanat marocain. Son père Hossein, qui a été toute sa vie amin des tourneurs
de Marrakech (le représentant, le chef), est maintenant à la retraite.

 Haj Hossein, l’Amin des tourneurs

 C’est un notable dans la medina, une personne reconnue et respectée, qui a fait le pèlerinage. C’est Haj Hossein. Maintenant, il ne tourne plus que quelques chapelets en os, qu’il produit de son tour traditionnel d’une main restée leste et habile. Il a envoyé son enfant à l’école primaire, mais l’a retiré dès qu’il a su lire, écrire et compter.

 Le pari d’interrompre les études de son fils

 L’instituteur a supplié le père de laisser Mahmoud continuer sa scolarité. Il était brillant.

Pour devenir chômeur comme tant de diplômés ? Mahmoud a bien mieux à faire. A reprendre, dès ses 12 ans, le métier de son père, à l’apprendre à ses côtés. Il aura ainsi d’amples connaissances utiles, mais pas celles qu’on apprend à l’école.

 Vingt ans après, le calcul du père a été gagnant

 Mahmoud est à la tête d’une petite entreprise d’ébénisterie prospère qui travaille pour les maisons des riches qui investissent dans la médina. Il prend en charge ses parents qui logent avec lui et sa famille dans la grande maison familiale.

 Le chômage des jeunes diplômés

 Cette histoire n’est bien sûr pas un plaidoyer contre l’éducation scolaire. Elle dit la complexité des situations dans un pays comme le Maroc. Et dans bien d’autres pays du Sud. Les enfants qui poursuivent leurs études y restent souvent au chômage. Le « chômage des jeunes diplômés » affecte toute l’Afrique.

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Émergence d e l’individu dans les pays du Sud de la Méditerranée ==> ICI

Sur le Chômage des jeunes diplômés au Maroc ==> ICI