Enfants meurtris, enfants des autres

Que se passe-t-il avec des enfants aux Etats Unis et en Israël ?

Enfants meurtris. Des centaines d’enfants en bas âge brutalement et durablement arrachés à leurs parents par l’administration américaine, des centaines d’enfants arrachés de leur école, maltraités, emprisonnés, battus, tués par l’armée israélienne… que se passe-t-il dans le fonctionnement des institutions publiques de ces pays qui se disent démocratiques, vis-à-vis des enfants ? Que se passe-t-il dans la conscience de ces sociétés qui se disent respectueuses des droits de l’homme (et de l’enfant) ? Est-ce une pratique classique que les réseaux sociaux attirent sous les projecteurs depuis quelques mois, ou bien un phénomène nouveau ?

Enfants meurtris, enfants des autres

Enfants blessés, abandonnés. A coup sûr, le fait nouveau est l’envahissement des informations portant sur ces brutalités, exercées par l’Etat. Elles ont en commun d’être dirigées vers « les enfants des autres ». Marquant une avancée significative dans l’institutionnalisation du rejet de l’autre. L’Autre, c’est l’immigré latino-américain aux Etats Unis ; c’est le Palestinien en Israël. L’Europe suit cette voie, en durcissant ses règles d’accueil face aux migrants du Sud que sa politique étrangère a largement contribué à multiplier.

L’Autre comme ennemi

Au fond, cela témoigne de l’avancée significative des forces politiques qui font de l’Autre du Sud l’ennemi, le responsable des maux qui affectent les sociétés du Nord.

Dans l’idéologie de la droite et de l’extrême droite, l’important est « d’identifier son ennemi ». Voilà qui est chose faite : c’est l’étranger du Sud qui vient envahir le Nord. Et il n’est pas de tâche plus importante que de le mettre au ban, de le rejeter, de se fermer à « ce qui ne nous ressemble pas ». Et ce rejet de l’Autre se porte sur les plus vulnérables d’entre eux, les enfants !

Finalement, la mondialisation des migrations révèle, par ces actes, la brutalité que les « inventeurs » des droits de l’homme (pour les sociétés du Nord) appliquaient sans remords aux sociétés du Sud. Esclavage, colonisation… le tout, loin des regards raffinés et exigeants des sociétés du Nord. Désormais, le Sud est dans le Nord (comme le Nord est dans le Sud) à une échelle importante, et ces pratiques barbares se dévoilent. Le fait que cela touche les enfants du Sud est particulièrement visible et douloureux.

Ici et là-bas

Panikkar, l’historien indien [1] , nous rapporte que les hollandais inventaient la tolérance et jetaient les bases de l’humanisme occidental dans le siècle d’or à Amsterdam au XVII° siècle. Dans le même temps, ils se comportaient en Indonésie avec une indescriptible barbarie. En déportant notamment des dizaines de milliers de chinois comme esclaves pour les faire travailler dans leurs exploitations.

Aujourd’hui, Ici et Là-bas sont visible au même moment !


[1] PANIKKAR Kavalam Madhava, L’Asie et la domination occidentale du XVe siècle à nos jours, Paris, Le Seuil, 1957. Traduction de Asia and Western Dominance, Londres, 1953.

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