La Grèce va-t-elle retrouver son autonomie ? (suite)

La situation de la Grèce a porté l’attention sur les déficits budgétaires et les contraintes que la Commission européenne, le FMI, ou les deux, font peser sur les Etats afin qu’ils réduisent leurs dépenses.

Nous ne parlons pas ici du fait que ces déficits sont largement dus à l’évasion fiscale, qui est une prédation légalisée de ressources publiques.

Nous nous intéressons ici au financement de ces déficits budgétaires. Où est le débat sur ce point ? Nulle part ! C’est bien étrange que l’on ne parle que de déficit, de réduction des dépenses publiques… et jamais du mode de financement de ces déficits !

Qu’en est il du financement ? Et bien, c’est par l’endettement auprès des banques privées internationales que les Etats financent ces déficits ! Selon une directive européenne de 1973 transposée dans les législations nationales, les Etats n’ont plus le droit de s’endetter auprès de leur Banque centrale. Les politiciens ont mis délibérément les Etats dans les mains des banques privées, et les ont ainsi retirés du contrôle démocratique.

Les Etats versent depuis lors des montants d’intérêts astronomiques à ces banques ! Le montant cumulé de ces intérêts… est comparable au montant de la dette publique ! ! ! ! (les chiffres pour la France en 2011 sont respectivement de 1.400 milliards d’Euros pour les intérêts cumulés depuis 1973, alors que la dette publique en stock à la même date est de 1.600 milliards d’Euros. https://www.youtube.com/watch?v=ZE8xBzcLYRs ).

Ainsi on comprend pouquoi les banques privées ont obtenu des Etats d’avoir le monopole du financement des déficits publics : c’est une source de revenus considérables (un flux de 53 milliards d’Euros en 2011 pour le budget français), sans risque majeur : les Etats sont presque toujours capables de rembourser, et quand il y a difficulté, le FMI est là pour venir au secours des Etats, donc de leurs banques créancières.

Comment les Etats finançaient leurs déficits avant 1973 ? Principalement par le recours à l’épargne nationale : Bons du Trésor, Emprunts publics, auxquels les ménages, mais aussi les entreprises, les banques, les assurances… souscrivaient. Ainsi, il y avait adéquation entre les espaces des déficits et ceux de leur financement, l’espace national, là où les contrôles démocratiques sont possibles par par le jeu des institutions (Parlement notamment). C’est tout cela qui a été mis à bas à partir des années 70, pour donner aux banques privées le monopole du financement des Etats !

Nous sommes ici en plein libéralisme, qui soutient les mécanismes qui creusent les inégalités, font le lit des forces d’extrême droite, sapent les bases de la démocratie, détruisent les sociétés.

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