« La voie chinoise. Capitalisme et Empire » Michel Aglietta et Guo Bai, 2012 (note de lecture)

« La voie chinoise. Capitalisme et Empire » Michel Aglietta et Guo Bai

La Chine du XXI° siècle est directement héritière d’une histoire de plus de 2500 ans, avec des références vivantes encore aujourd’hui de toute cette période. Confucius a vécu au 3° siècle avant JC.

La construction institutionnelle de la Chine a suivi un cours totalement différent de celui qu’ont connues les sociétés d’Europe ou de l’Inde, après la liquidation du féodalisme au tournant pris par les Han au III° siècle avant JC. Un assemblage entre un pouvoir central très puissant, adossé à une bureaucratie centralisée (les mandarins). Une bureaucratie compétente et dévouée, recrutée par méritocratie (en valeurs morales et en compétence intellectuelle), et une population paysanne dans son immense majorité, structurée autour de puissants liens familiaux autour de la figure du père. Un principe de redevabilité devant la compétence et la valeur morale, à tous les niveaux, y compris pour l’Empereur, ‘fils du Ciel’ intercesseur entre la terre et le Ciel.

Un assemblage très solide, combinant une direction hypercentralisée et une mise en oeuvre administrative décentralisée des décisions du centre de l’Empire par des fonctionnaires compétents, le tout appuyé sur des valeurs morales hautement proclamées. Un recours à l’impôt prélevé majoritairement sur les petits paysans à des taux faibles (1/15 à 1/30 des récoltes). Et une absence de pouvoirs féodaux, puisque la bureaucratie liée au pouvoir central occupait tout l’espace du pouvoir au niveau des territoires. Quand les féodaux ont pris du poids, la Chine a vacillé, s’est même enfoncée dans d’interminables guerres disloquant le pays entre puissances locales rivales, contestant le pouvoir du centre. C’est dans une telle situation de faiblesse que les pays occidentaux ont imposé à l’Empire chinois des traités humiliants, soustrayant certaines fractions du territoire chinois à sa souveraineté, imposant des clauses commerciales… Le souvenir de ces « Traités inégaux » est encore vif en Chine. Cela a constitué un puissant facteur de cohésion au sein de la population autour du pouvoir, et de mobilisation pour l’émergence de la puissance chinoise.

Le Parti Communiste est fortement en phase avec l’histoire longue de la Chine, avec ses cadres qui quadrillent le territoire, qui s’ajoutent à une administration de l’Etat omniprésente.

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