De l’absurdité de l’adage : « ne donnez pas du poisson, apprenez à pêcher »

De l’absurdité de l’adage : « ne donnez pas du poisson, apprenez à pêcher »

Une phrase de Madame Obama, docteur en sociologie, a attiré mon attention : « Ne nous donnez pas du poisson, ne nous enseignez pas comment pêcher, demandez nous si nous mangeons du poisson ».

Dans le fameux adage disant qu’il vaut mieux « apprendre à pêcher que donner du poisson », l’homme à qui on apporte du poisson ou l’apprentissage de la pêche est totalement absent de la formule ! Que veut-il, que pense-t-il ? Est-on sûr qu’il veuille apprendre ? On ne se pose même pas la question ! La phrase est toute entière tournée vers le geste de l’acteur, seul actif dans la relation, qui surplombe le pêcheur. Il découvre, pleinement satisfait de sa générosité et de son ingéniosité, qu’il vaut mieux enseigner que donner.

Mais cet adage connait plusieurs formulations, et a, de plus, diverses paternités : Lao Tseu, Confucius, la Bible…?

Je livre là quelques unes des formulations :

« Quand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson » attribué à Confucius.

« Si tu donnes un poisson à un homme, il mangera un jour, si tu lui apprends à pêcher, il mangera toujours »

En chinois, cela donnerait : 临河而羡鱼,不如归家织网, mais je ne garantie pas la traduction.

« Ne me donne pas de poisson, apprend moi plutôt à pêcher » Cette formule, attribuée à Mao Tsé Toung, me paraît la seule correcte, et de loin. Elle met l’homme à la première personne : c’est lui qui formule ce qu’il demande. C’est seulement ainsi que la relation d’apprentissage, qui accompagne le développement, peut être féconde.

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