« La guerre ce sont les noms propres » récit d’Ariane CHEMIN. Un livre à la lecture dérangeante au premier abord, tant le texte est désordonné. Avec des noms propres presqu’impossible à prononcer, que j’ai tant de mal à mémoriser. Qui rendent, de ce fait, le récit difficile à suivre. Nous sommes dans l’Ukraine en guerre. Aux côtés de journalistes, d’artistes, de militants des droits humains, qui font face à la brutale machine que la Russie déploie dans le sang, la boue, le froid, l’absurde.

Par son coté heurté, brouillon, confus quant aux « noms propres », le récit traduit avec une grande puissance le chaos de la guerre. Jusqu’à la mort.

« La guerre, ce sont les noms propres »

Les noms propres du récit, les noms propres de la guerre, des personnes, des lieux, ont formé pour moi une illustration même du contenu de l’ouvrage et de son titre.

Dans les premiers chapitres, j’ai été irrité par ce que j’ai pris pour de la confusion. Puis progressivement, s’installe dans le chaos de la guerre, l’histoire de Vladimir, un auteur au nationalisme exalté qui fait face, avec son courage et son inconscience à la force d’occupation, alors qu’il vit dans un village occupé.

« La guerre ce sont les noms propres » récit d’Ariane CHEMIN (couverture du livre)

A la recherche du cahier de Vladimir

Arrêté par les forces d’occupation, Vladimir disparait entre les mains des soldats russes, dans l’incertitude, la confusion, le silence. Une femme, Victoria, cherche à retrouver ses traces. Elle apprend qu’il a caché un cahier de notes prises durant l’occupation, en l’enterrant quelque part. Elle veut à tout prix récupérer ce document.

Le récit se fait plus précis. A mesure que le chaos de la guerre s’amplifie autour des personnages qui traversent l’histoire. Victoria travaille dans une ONG pour documenter les crimes de guerres de l’occupant russe. Elle va finir par trouver le manuscrit. Vladimir l’avait enterré dans son jardin, au pied d’un cerisier. Emotion ! Elle fait publier ce texte que son auteur voulait à toute force qu’il arrive en des mains amies qui le publierait. Comme témoignage des horreurs de cette occupation.

Un soir dans une ville à 30 km du front…

Victoria et des amis journalistes se retrouvent pour rapporter au monde la situation sur le terrain, l’état du conflit. Amitiés fugaces, émotions, recueil des récits des autres, souvenirs… Dans une ville dévastée par la guerre, un missile tombe sur l’hôtel où tout le groupe s’était regroupé. Victoria est mortellement blessée. Vladimir et Victoria parmi les nombreuses victimes de ce conflit absurde et cruel.

Le chaos de la guerre, le chaos des mots

Comment faire percevoir l’extrême confusion créée par la guerre, au-delà de ses horreurs meurtrières, autrement que par le chaos dans la formation du récit ? Le chaos des noms propres dans l’écriture ?

& & &

Ariane Chemin, née en 1962, est une journaliste, grand reporter et essayiste française. Elle est licenciée en lettres classiques et diplômée, en 1986, de l’Institut d’études politiques de Paris. L’auteure a été pendant de nombreuses années journaliste au quotidien du Monde au service « politique », « société », avant de devenir grand reporter dans ce même journal. Elle écrit aussi des livres d’actualité, dont La Femme fatale avec Raphaëlle Bacqué au lendemain de l’élection présidentielle de 2007. Pour en savoir plus sur l’auteure, voir ==> ICI

Voir la note de lecture sur « Ne réveille pas les enfants » ==> ICI


© 2023 Jacques Ould Aoudia | Tous droits réservés

Conception | Réalisation : In blossom

© 2023 Jacques Ould AoudiaTous droits réservés

Conception | Réalisation : In blossom