« Tsubaki – Le poids des secrets » de Aki SHIMAZAKI (note de lecture 1/5)

Le Japon à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. L’Empire du Soleil Levant recule face aux troupes alliées. Il va s’effondrer avec les coups de grâce des bombardements de Hiroshima et de Nagasaki [1], les 6 et 9 aout 1945. Le roman commence par les questionnements d’une femme, Yukiko, rescapée de l’explosion de la bombe de Nagasaki. Questionnements qui surgissent au sein de toute nation vaincue. « Avons-nous vraiment voulu dominer l’Asie ? ». « Pourquoi un bombardement atomique sur le Japon impérial et pas sur l’Allemagne nazie ? ». « Pourquoi la bombe de Nagasaki est elle tombée sur le quartier chrétien ? » …

Le drame qui se joue à l’échelle de l’Histoire rencontre celui que vit une femme dans son intimité familiale

Yukiko découvre que son père a eu un autre enfant d’une femme qu’il continue d’aimer et de voir secrètement. Yukiko a rencontré cet enfant, un garçon du nom de Yukio, sans avoir connaissance de leur lien réel. Et ils se sont aimés. La découverte de l’identité de Yukio bouleverse Yukiko. Elle s’éloigne de Yukio et décide de tuer son père. Ce drame ce joue alors que les bombardiers américains se dirigent dans le grondement des moteurs vers le Japon, avec leurs charges mortelles. L’infiniment grand de la Guerre percute à cet instant terrible l’infiniment petit du destin de Yukiko

Le père des deux enfants meurt empoisonné le jour où explose la second bombe atomique sur un quartier de Nagasaki

Yukiko porte alors le poids de ce terrible secret. La mort de son père se fond avec celles des 80.000 morts de Nagasaki. Mais le geste de Yukiko ne s’efface pas de son esprit. A sa mort, elle confie à sa propre fille, Namiko, deux lettres. L’une dans laquelle elle lui avoue son geste parricide. L’autre à destination de son demi-frère, Yukio. La mère a ainsi chargé Namiko de retrouver cet oncle dont sa fille ignorait l’existence jusqu’à la mort de sa mère.

« Tsubaki – Le poids des secrets » de Aki SHIMAZAKI

Tsubaki – Le poids des secrets

Aki Shimazaki, l’auteure, nous entraine dans le drame familial avec une écriture simple, limpide. Des phrases courtes, incisives, dépouillées. Qui vont droit au but. Et qui délivrent dans une immense délicatesse l’exposé des émotions et des sentiments que génère ce terrible secret.

Ce court roman est le premier d’une série de 5 épisodes, dans la collection « Le poids des secrets ». Pour le 2° épisode, voir ==> ICI

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[1] Sur les bombardements de Hiroshima et Nagasaki, voir ==> ICI

Aki Shimazaki est une auteure québécoise, née en 1954 à Gifu au Japon. Elle a immigré au Canada en 1981 et vit à Montréal depuis 1991. Écrits en français, ses livres ont été traduits en anglais, japonais, serbe, allemand, hongrois et espagnol. Pour en savoir plus sur l’auteure, voir ==> ICI

Nagasaki, la fin d’une époque, voir ==> ICI