Photographe ! Quel sens donner au travail photographique que je mène depuis plus de 60 ans ? Des dizaines de milliers de prises de vue. Une « œuvre » qui s’est constituée empiriquement, au fil des jours. Sans claire intention préalable. Guidé seulement par l’appétit de l’œil. Comme en une « chasse » à tout ce qui fait sens. Qui fait beauté. Ou étrangeté. En tous lieux. Oui, cette activité m’a occupé tout au long de ma vie. Et je m’identifie aujourd’hui comme « photographe », tranquillement.

Cet appétit pour les choses à voir, je pourrai le satisfaire uniquement par la vue. Faire de la photo, c’est faire un pas de plus. C’est d’abord et surtout une action pour garder trace. Trace de mes rencontres, de mes relations, trace de mes mouvements dans le monde, de mes émotions, de mes découvertes. Traces de « ce qui a été ». Trace de ma présence. Devant « ce qui a été ». En forme de preuve implicite. Sans but précis.

Une validation a posteriori de la définition que Roland Barthes a attribué à la photo, après mures circonvolutions dans sa pensée. Pour lui, la photo, c’est « ce qui a été ». Tout simplement. Magistralement ! Voir sur ce sujet la note de lecture de « La chambre claire » ==> ICI

« Ce qui a été » dans le flux de ma vie. Rencontres. Amours. Amitiés. Epreuves. Joies. Surprises. Etonnements. Découvertes. Dans ces moments dont j’ai obstinément gardé trace : les enfants, les amis, les femmes. Et toujours, pour moi, en des souvenirs liés à des lieux. Des lieux précis.

Une mémoire des lieux

Des souvenirs systématiquement liés aux lieux de leur occurrence. Plus qu’à un temps donné. Inscrits dans une époque bien sûr, mais difficiles à fixer avec précision, certitude. Des souvenirs visuels accrochés aux espaces intimement liés à mes relations. Avec une forte mémoire des lieux. Espaces de vie, d’amitiés, d’amours, de flâneries, de découvertes, de travail. Missions professionnelles proches ou lointaines, conférences, séminaires. Moments d’engagement, de visites, de balades.

Photographe ! une de mes bonnes photos
Jeu de cache-cache sur la plage, près de Dunkerque, 2020

Lieux

Un coin de rue. Un bistrot. Une maison louée sur une île. Une montagne à gravir. Une nuit au sommet du volcan. Un appartement parisien accueillant des soirées entre amis. Entre camarades. Une station de métro familière. Un coin de forêt sombre. Le compartiment d’un train. Le paysage qui défile depuis sa fenêtre, comme un film. Un village de montagne. A pied, un interminable chemin qui traverse un champ boueux. Un château dans un grand parc. Un autre château dans un autre grand parc.

Sous les châtaigniers, la maison de Protestants massacrés. Une plage et des plongées en apnée. L’éclat du soleil sur la mer. Au loin, des îles. Un boulevard et la manif qui se forme d’un seul coup. Un bout d’autoroute et une panne de voiture. Des flamants roses dans le zoo. Une Place dans Paris et la chaine humaine de lutte que l’on forme solidement. Le silence et le calme à marcher, pieds nus, sur les tapis d’une mosquée au Caire, dans la chaleur de l’été.

Autres lieux

Une gare et l’agitation devant les écrans des horaires. L’aéroport et l’attente en salle d’embarquement. Le port et le reflet des bateaux qui ondule sur l’eau. Un pont audacieux. Un pont oublié, enfouis dans la végétation. Une amarre et les nœuds des cordages. Des serrures au dos des portes d’église. Dans un donjon transformé en prison. Des chevaux en liberté dans un grand champ. Des mouettes qui se querellent en criant. Un canal dans Paris, ponts et écluses. Un chat qui me regarde méchamment. Les phares qui éclairent la route, la nuit. La moto et le vent sur le visage. La route en moto et le froid dans le corps. Le village perché avec le grenier collectif creusé dans la falaise. Des chutes d’eau, comme à Niagara, mais rouges de terre. Une salle de réunion et devant, toutes les chaussures, comme à la mosquée.

Une géographie personnelle

Paris, la France, le Maroc, le monde. C’est dans Paris que j’ai le plus de souvenirs de lieux. Dans tous les quartiers. Surtout du côté de l’Est. Avec ma moto MZ (une machine robuste et simple venant de pays de l’Est), j’ai sillonné la ville tant de fois. Ile de France, lieu de randonnées, de découvertes des châteaux. Forêts épaisses. Saisons fortement marquées.

La France : sur l’axe Paris-Lyon-Marseille en TGV. Des moments dans la Drôme, en Bretagne. A Toulouse. Strasbourg. Dans le Lot. Et en bien d’autres endroits au grès des missions ou de vacances.

Garder trace des émotions de mes voyages. Dans des destinatio

Photographe ! en balade
Chine – Pékin 2015

ns lointaines. Dans le désordre : Egypte. Syrie. Maroc. Algérie. Libye. Tunisie. Iraq. Jordanie. Palestine. Israël. Turquie. Russie. Plus loin, Vietnam. Chine. Bangladesh. Burkina Faso. Etats Unis.

De Chine, je retiens une seule photo, prise à la volée dans la rue.

Et en Europe : Angleterre. Allemagne. Suisse. Italie. Pays-Bas. Belgique. Luxembourg. Espagne. Portugal. Yougoslavie (oui, dans les années 1960, avant son éclatement). Bulgarie. Grèce. Des voyages sans visas. D’autres plus compliqués. Des voyages en mission professionnelle. D’autres en balades – découvertes. Voir des photos prises lors de mes premiers voyages en auto-stop ==> ICI

Photographe ! en auto-stop
Entre Espagne et Maroc – 1964. Qui a pris la photo ?

Irrésistible attraction du Sud de la Méditerranée

Depuis les premières escapades lointaines après le bac, en autostop, en 1964, 1965 et 1966. Des pays où l’on avait alors une incroyable liberté de circulation. Incroyable sécurité à voyager, sans beaucoup d’argent. D’Auberges de Jeunesse en hôtels bon marché. Avec quelques pellicules dans mon appareils photo. Jusqu’à visiter presque tous les pays riverains. J’en ai ramené des photos argentiques, ensuite numérisées [1].

Le Maroc

Mon pays méditerranéen. Mon « autre pays ». D’abord la ville de Marrakech et sa médina. Longues déambulations dans le souk, les ruelles. Rencontres, amitiés. Aujourd’hui, je n’aime plus cette ville qui a été dévorée par le tourisme. Avec des effets destructeurs sur les gens. Dévorée par tous les tourismes. Y compris les pires.

Au Maroc plaisir demeuré intact pour des marches dans l’Atlas. En randonnées. En visites dans les villages avec l’ONG Migrations & Développement [2]

Des images plein la mémoire. Et une petite partie d’entre elles fixée en photos. Des mouvements sur la planète, depuis Paris jusqu’au bout du monde.

Le classement, impossible ?

Ah, même avec le numérique, on peut avoir à classer les photos. Un classement dont Barthes disait qu’il était impossible. Alors j’ai choisi de le faire chronologiquement et par lieux sur ma géographie personnelle composée par fréquentation décroissante :

  • Paris et Ile-de-France
  • France
  • Maroc
  • villes du Monde.

En tout, près de 500.000 photos (numériques). Dont plus de 40.000 photos sont exposées sur mon site [3]. Pour s’introduire dans cet ensemble d’albums, voir ==> ICI

La photo ? Oui, « cela a été » ! Mais aujourd’hui…

La photo comme certitude. Une « preuve », s’il en fallait une. Je continue de pratiquer la photo dans cet esprit. Mais je sens que le monde du visuel vacille. Et nous avec !

« Cela a été ». Barthes ne pourrait plus dire cela aujourd’hui. L’envahissement de l’image fabriquée par l’IA détruit la photo à son point le plus profond. Le plus sensible. On ne pourra plus dire « cela a été », désormais ! Car les « progrès » techniques de l’IA rendent la frontière entre « vraie » et « fausse » image de plus en plus difficile à déceler. Un point d’appui qui s’effrite.

Le regard, l’image, la vue, la marche

Une définition tautologique de toute image, c’est « voir le voir » de son auteur[4]. On voit ce que l’auteur de l’image a vu et voulu montrer. C’est valable pour un tableau. C’est aussi valable pour une photo. Peut-être plus encore !

Une activité totalement en accord avec l’importance que j’ai toujours donné à la vision. Au voir. Au regard. Le mien. Celui des autres. A la lumière. Aux formes, aux personnages qui se laissent prendre ou pas dans l’appareil. Mais aussi aux contre-jours. Aux surprises de la capture. Surprises liées à la lumière, aux contrastes.

La photo comme tentative de capturer une impression, une ambiance, un regard. Mais on n’arrive que rarement à retrouver dans l’image l’émotion qu’on a eu sur le terrain. Par exemple avec une simple fleur des champs à contre-jour. Parfois, l’émotion capturée est la plus forte. La fiction de l’image dépasse alors la réalité. Mais qui peut contrôler cela ?

Car les surprises peuvent être liées à la technique. Après tout, la photo est largement une affaire de chimie. Un élément non totalement contrôlable. Surtout celle qui est en couleur où les paramètres sont beaucoup plus nombreux que pour le noir et blanc. S’ajoute les questions d’optique. Et, avec le numérique, le calcul.

Les thèmes

Paysages, portraits, personnages, activités, situations, détails rencontrés… Rien n’échappe à ma « chasse » à l’image. En affut tranquille, permanent. Sans agression. Une attention liée à la marche. Beaucoup de marche [5].

Des paysages de ville, dans la géométrie que dessine la lumière avec les formes urbaines. Paysages de campagne, avec l’infinie diversité des topographies, des arbres, des plantes. Des feuillages avec le contraste des différents verts que les arbres nous offrent. Broussailles emmêlées. Fleurs ! Oui, des fleurs domestiquées dans les jardins publics. Ou sauvages dans les champs, les bords de chemin. Des ciels changeants. Des mers scintillantes, en mouvement.

Vues du train

Parmi les paysages, une mention pour les photos prises depuis un train. Des photos prises avec mon téléphone. Avec des premiers plans flous et des seconds plans penchés (vitesse oblige). Mais des paysages lointains d’une remarquable netteté ! Une incursion fabuleuse dans les sorties de ville. Dans les campagnes. Avec, sur les trajets parcourus régulièrement, comme la ligne Paris-Lyon-Marseille, une magnifique exposition de la succession des saisons, des lumières, des cultures dans le cycle annuel.

Photographe ! en TGV
Vue du TGV Paris-Lyon-Marseille

Des photos dont je ne maitrise que la hauteur. Mais pas les bords latéraux, puisque la vitesse m’impose ses tranches d’espace. Il y a ainsi une part de hasard dans le cadrage final de la photo. Et dans celui des successions de photos qui s’enchaînent. Voir ==> ICI

Portraits

J’ai grande pudeur à faire des portraits de proches. Portraits d’anonymes ? Impossible dans bien des lieux, bien des pays. Notamment autour de la Méditerranée. Sauf en Chine où, en 2015, j’ai aimé l’appétit des Chinois pour se faire photographier. Et pour être photographiés !

Photographe ! de Chine
Chine Yangshuo – 2015

Et puis les innombrable images à saisir qui surviennent dans le champ visuel quand on marche dans la rue ou dans la nature. Une transparence qui dévoile les objets domestiques. Un oiseau dont on s’approche. Un reflet sur une flaque d’eau. Un papillon qui se laisse prendre dans ma boite. Une étrange limace noir et rouge qui traverse la rue, imprudente. Un cheval… J’aime photographier cet animal puissant, craintif, qu’on approche avec des mots apaisants.

Et puis tout le reste à quoi l’œil s’accroche. Des « laissés » de renard sur le chemin à une toile d’araignée qui attrape la lumière à contre-jour. Gargouilles haut perchées en pleine activité sous la pluie. Boites aux lettre, graffitis… On trouvera sur ce site tout ce bric-à-brac d’images dans l’album « Collections » ==> ICI

Le soleil

Autant la lumière est l’élément de base de la photographie, autant le plein soleil en est l’ennemi. A moins de jouer sur cet excès de lumière qui découpe avec « dureté » les formes. Qui écrase les nuances dans les tons clairs. Etouffe dans le sombre les parties non éclairées.

L’éclairage le plus favorable, pour ma démarche personnelle de photographe, est la lumière d’un ciel légèrement couvert. L’effet de diffusion de la lumière atténue ainsi les ombres fortes de ses zones sombres. Comme les parties « surexposées », trop claires.

Je prends la photo vite. Et je la travaille à la maison

Henri Cartier Bresson, avec son appareil argentique et son parti pris pour le noir et blanc, proclamait son attachement total à l’image telle qu’il l’avait vue au travers de son appareil. Pas de retouche, pas de recadrage. Voir la note de lecture sur sa biographie par Pierre Assouline ==> ICI

Ce n’est pas du tout ma position, qui est liée au grand nombre de photos que je fais avec le numérique. Des photos prises, le plus souvent, d’un coup d’œil rapide.

Une fois devant mon ordinateur, je m’autorise à la retravailler. Je commence par la mettre à l’horizontal quand elle doit l’être. Sauf à décider d’une vue oblique, délibérément. Comme le dit Cézanne, si on met une oblique dans une image (un tableau, une photo), il faut que cet oblique fasse sens. Que ce ne soit pas vu comme une faiblesse, une erreur, une maladresse. Un à-peu-près qui nous distrait de l’essentiel.

Ensuite, je la recadre. Légèrement. Parfois je la double sur un détail, surtout dans les paysages. Une intervention légère sur l’exposition, souvent pour atténuer les contrastes trop violents. Et une autre pour augmenter légèrement la netteté, au besoin.

La technique, forme et fond

La bonne photo n’est que de loin liée à des questions techniques. Avoir un bon appareil photo. Oui, c’est mieux. Mais c’est d’abord le regard du photographe qui fait la photo. C’est bien banal d’énoncer cela.

Mais disons quelques mots sur la technique et son lien avec le fond. J’ai pris des photos sur différents supports. Avec une interruption, entre l’argentique et le numérique.

Argentique et Numérique

D’abord, une longue pratique de l’argentique. Avec des appareils photos que l’on jugera aujourd’hui rudimentaires, comme le Zenit [6]. Un appareil lourd, fabriqué en URSS et disponible à un prix abordable pour ma bourse d’étudiant[7]. Un autre emprunt à l’industrie des pays de l’Est. Avant de passer, comme en moto, vers des modèles japonais. Parmi mes premières photos en N et B, celles de ma sœur Monique en tenue de danseuse classique.

J’ai fait mes premières grandes balades en autostop au Maroc puis au Proche Orien avec un tel appareil… et des rouleaux de diapositives en nombre très limité. Deux pellicules pour tout un voyage ! Soit 2×36 = 72 photos. Puis avec des appareils plus sophistiqué, notamment un Olympus, qu’un parent lointain m’avait donné.

J’avais installé dans mon appartement de Ménilmontant dans les années 1970 un atelier pour développer des photos en Noir et Blanc. Une pièce dédiée, mi-laboratoire, mi-studio photo.

Photos de vacances

Notamment à Stromboli dans les années 1970. A l’époque, on pouvait monter librement sur le volcan. On grimpait les 1000 mètres de dénivelé en deux heures avec les enfants et les amis. Et on passait la nuit au bord du cratère pour suivre les éruptions. Toutes les 10 minutes, on était gratifié d’un magnifique feu d’artifice ! Quelle aubaine pour le photographe !

Photographe ! volcan
Eruption du Stromboli vue du haut du cratère – 1965

C’était dangereux. Mais on n’en avait pas conscience. Le matin, couverts de cendres qui étaient retombées sur nous en crépitant pendant la nuit, on descendant jusqu’à la mer pour un bain réparateur.

D’autres vacances, d’autres voyages… Des rencontres… Des amitiés et de nombreuses photos de groupe lors des balades en amitiés.

Tirages papier

Tirages papier en N et B à la maison. En couleurs ailleurs… Tout un encombrement. Bobines et rouleaux. Produits chimiques. Papiers sensibles. Rideaux opaques à installer pour faire l’obscurité. Lampe rouge…. Et, pour finir, un tas de photos sur papier qu’il faut classer et ranger. Des négatifs, des diapositives qu’il faut classer et ranger. Albums multiples. Appareil de projection… Toute une matérialité qui m’a fait renoncer à l’argentique.

J’ai arrêté la photo pendant un temps

Je ne voulais plus m’embarrasser de toutes ces choses matérielles qui finissaient par occuper une place trop importante. L’idée s’est renforcée en moi de circuler léger dans le monde. Avec le minimum d’entraves matérielles.

L’écriture et la photo, tous deux sur supports numérique, offrent des réponses à ce désir de légèreté. Avec une ombre qui grandit cependant : la perte de la maitrise de ses productions dans le grand maelström de l’Internet. Avec les menaces invisibles et croissantes d’intrusion, de contrôle. Les photos numériques seront-elles lisibles dans 10, 20, 30 ans ?

En 2003 retour à la photo … numérique

Je découvre avec ravissement que l’on peut s’affranchir de la plupart de ces impedimenta. Comme autant d’entraves. J’achète un Canon compact, IXUS. Mon premier numérique. Un appareil en métal. Solide, ferme. Dont le poids était rassurant.

Le plaisir d’être accompagné partout par ce petit outil, aux performances étonnantes.

Et je retrouve le plaisir de la photo

Plaisir de découvrir une autre façon de faire de la photo. Sans contrainte quantitative ! Sans avoir à calculer le nombre de prises de vues. Pour « couvrir » un moment, un lieu, une rencontre…. Balance entre la « nécessité » de tout attraper dans ma boite. (Cette « nécessité » pour qui ? Pour quoi ?) Et le plaisir de la belle image qui peut en résulter. Également, le plaisir de la bagarre avec la lumière, avec le cadrage, le contraste, avec le regard de l’autre. Chaque photo est une tentative. Un essai.

Il reste l’ivresse d’avoir dépassé la limite matérielle du nombre de photo possible. Permet le tâtonnement. Mais multiplie les prises de vue. Comment ne pas se faire dépasser par une autre accumulation. Non pas matérielle, mais numérique…

Le risque de la photo comme « cela a été »

Le risque avec le numérique qui relâche la contrainte quantitative, c’est en effet l’accumulation de prises de vue qui s’affranchissent de toute exigence de qualité. Puisqu’on veut signifier que « cela a été », peu importe que la photo soit bonne. Il faut alors installer un critère de qualité minimale : l’image dit-elle quelque chose ? Est-elle lisible ? A défaut d’être belle, a-t-elle un sens ? Fut-il simple, peu ambitieux…

A quelle fin ?

Toujours pour dire que « cela a été ». Le dire à qui ? A moi-même d’abord. Une obstination (légèrement ?) obsessionnelle. Aussi pour le plaisir de faire une belle image. Un beau portrait, attrapé au vol.

Au vol. Volé ? Oui, parfois ! A des proches. A des inconnus, des inconnues. Dans la rue.

& & &

Un article dans Wikipédia sur La chambre claire de Roland Barthes ==> ICI

[1] « Espagne-Maroc, été 1964 » voir ==> ICI

Et les voyages des années suivantes : Paris-Bagdad en 1965. Puis Voyage autour de la Méditerranée en 1966.

[2] https://migdev.org/

Voir les photos de l’Atlas sur ce site : ==> ICI

[3] Le classement adopté sur mon site reprend celui énoncé ici : Villes du monde / France / Paris et Ile de France / Maroc (dont mon activité avec l’ONG Migrations & Développement). Sont présents également des photos de différents musées visités. Et notamment du Louvre, dont le classement adopté est très singulier. A voir !

Délibérément, je n’ai mis aucune photo personnelle, ni de ma famille, ni de mes amis. Parfois, dans un reflet, sur une ombre, on peut deviner mon image. J’ai en revanche ajouté une rubrique « Collections » où l’on peut voir un bric-à-brac d’images d’objets, de personnages, d’animaux, de lieux, de signes. En voici la liste : Affiches. Amarrages. Amoureux. Assemblages de pierres. Bancs publics. Bateaux en images. Blessures des murs. Boîtes aux lettres. Cariatides. Chasse roues, Puits et Fontaines. Colonial en images. Contre le feu. Cours intérieures. Crise. Dessins. Divers. Drapés. Ecritures. Enseignes. Escaliers. Gares et Trains. Gargouilles et Chimères. Graffitis d’Histoire. Graffitis modernes. Horloges. Intérieurs cafés. Lampadaires. Linge à sécher. Mannequins. Niveaux d’eau. Noms à prononcer… Obliques. On exalte la violence ! Peaux. Plaques au sol. Potagers. Serrures. Signes au sol. Sourires de pierre. Toitures. Transparences. Travail en images. Visages d’avant. Vitrines.

Parmi ces albums, j’attache une importance particulière à trois d’entre eux. Travail en images : des photos de personnes au travail (manuel) ou de représentations du travail comme témoignage sur le rapport au travail au fil des époques. Colonial en images : comment le fait colonial s’inscrit dans les villes, sur les objets, les affiches de notre environnement… ? Troisième album : On exalte la violence ! : un album auquel je tiens particulièrement. Des photos de l’exaltation de la violence faite aux femmes sur des sculptures, des tableaux exposés dans l’espace public. Un grand étonnement à constater qu’à ce stade, aucune voix ne s’est élevée sur cette exposition tranquille d’une violence extrême. Par ailleurs de plus en plus dénoncée, à juste titre.

[4] Je fais ici référence à un ouvrage de John Berger qui m’avait fort impressionné à sa lecture dans les années 1970. Berger imagine avec le producteur Michael Dibb la série Ways of seeing pour la chaîne de télévision de la BBC. Cette série rencontre un grand succès. L’année suivante en 1972, un livre du même nom est publié. Berger rappelle les modalités de commande des peintures de la Renaissance et montre le pouvoir de la classe dominante. Il analyse la filiation entre ces modalités et l’omniprésence des codes de la publicité dans notre société capitaliste contemporaine. Berger encourage ainsi le spectateur – lecteur à questionner les images qui l’entourent au quotidien.

Il s’appuie sur près de 160 reproductions de tableaux et d’images publicitaires, et analyse le traitement du corps féminin dans l’histoire de l’art parallèlement à nos relations aux objets, au pouvoir et à la propriété. D’après Editions B42 ==> ICI

[5] En 10 jours de balade à St Pétersbourg en 2019, j’ai fait près de 10.000 photos et parcouru 140 km à pied. Y compris dans des coins éloignés, isolés.

[6] Zenit (russe : Зенит) est une marque soviétique puis russe d’appareils photos. Produits par les usines KMZ à partir de 1952 à Krasnogorsk, dans la banlieue de Moscou. Et à partir des années 1970 par Biélomo à Vilieïka en Biélorussie. La marque Zenit est associée aux reflex 35 mm.

Le dernier modèle de la KMZ – « Zenit-KM » (2001) disposait d’un obturateur électronique, d’un système numérique de contrôle d’exposition automatique, d’un moteur, d’une monture à baïonnette de type K. Après la sortie de cet appareil, le développement de nouveaux reflex fut interrompu par KMZ.

[7] Je circulais à Paris sur une moto (à deux temps) de marque MZ. Une marque d’Allemagne de l’Est qui produisait des moto rustiques mais solides. Le modèle que j’avais acheté à un ami était jaune canari. Elle avait le phare dans le prolongement du réservoir, d’une seule pièce. Je la laissais la nuit sur un trottoir sans la verrouiller. Cela ne me venait pas à l’esprit. Il est vrai qu’elle n’était pas une proie d’une grande valeur.


© 2023 Jacques Ould Aoudia | Tous droits réservés

Conception | Réalisation : In blossom

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