« Regardez-nous danser » 2/3 – Leïla SLIMANI (note de lecture) – 2° partie de la trilogie « Le pays des autres ». Nous retrouvons dans ce second roman les principaux personnages que nous avons suivi dans le premier. Voir la note de lecture du 1/3 ==> ICI.

Mathilde, l’épouse alsacienne qui s’est donnée à sa nouvelle vie au Maroc. Amine, son mari, ancien engagé dans l’armée française. Il a repris la ferme familiale dans la région de Meknès. Aïcha leur fille ainée, Sélim le fils en second…

L’indépendance politique est maintenant acquise. Les bourgeois marocains remplacent progressivement les colons qui avaient la haute main sur les richesse du pays.

Les élites font la fête… jusqu’aux coups de semonce de 1971 et 1972. Le Roi a senti le vent du boulet. Il siffle la fin des amusements. Il n’est plus temps de danser !

A force de labeur, la ferme s’est développée

Les affrontements des derniers temps précédant l’indépendance sont maintenant terminés. Le Maroc est devenu indépendant, nous sommes en 1956. Après des années de solitude et de travail acharné, la ferme est devenue prospère. La réussite est là. Ce succès est le fruit du travail conjoint d’Amine Belhaj qui a réussi dans l’olivier et les agrumes. Il a racheté les terres des colons français voisins qui ont quitté le Maroc.

C’est aussi le fruit de l’engagement de Mathilde son épouse. Elle a tenu la maison, assuré l’éduction d’Aïcha et de Selim. Et pris en charge un dispensaire non formel pour les ouvriers de la ferme et les habitants des douars environnants.

Ce succès assure une position sociale élevée à Amine et Mathilde dont la fréquentation est désormais recherchée.

Le mythe de l’agriculture californienne

Le roi Hassan II mise sur l’agriculture. La grande masse de la population rurale assure un soutien sans faille au régime dans les premières années de l’indépendance. Celles-ci ont été agitées car le fait dynastique a été contesté.

L’ouvrage de Zakya Daoud Les Aït Chéris restitue une face de ces années troublées. Voir la note de lecture de ce roman ==> ICI

La vision « du palais » est de faire des riches plaines à l’Ouest de l’Atlas une agriculture « californienne ». Eau + chaleur + technologie agronomique est la formule imaginée à Rabat. Mais de ce schéma, les hommes et les femmes du monde rural sont absents. Malgré l’appui qu’ils assurent à la royauté, leurs conditions n’ont pas évolué avec la fin de la domination coloniale. La misère pousse les jeunes de la campagne vers les villes. Mais aucun élan industriel ne vient les y accueillir et faire travailler.

Aïcha est venue à Strasbourg pour des études de médecine

Elle s’est enfermée dans son apprentissage qu’elle réussit brillement. Mais n’a que très peu de relations avec le monde extérieur. Les « évènements de Mai 68 » glissent sur elle sans la toucher.

Elle revient à la ferme des parents après 4 années d’études. Elle découvre qu’elle n’a que peu de liens avec ce pays, avec les villageois. Et même avec ses parents qui ont suivi une voie de promotion sociale qui n’évoque rien pour elle.

Selma vit une relation minimale avec Mourad

La sœur d’Amine a épousé Mourad. Pour sauver l’honneur de la famille, Amine l’a mariée à son ancien aide de camp alors qu’elle était enceinte d’un jeune bourgeois, fils de colons qui s’est enfui dès qu’il a connu son état. Mathilde n’a pas répondu aux demandes de Selma de l’aider à se faire avorter.

Celle-ci s’engage dans une étrange relation avec Sélim, toute en sensualité. C’est le fils d’Amine et de Mathilde, son neveu. Sélim vient d’échouer à son baccalauréat. Il est à la fois flegmatique et champion de natation. Une bien étrange combinaison !

Mourad, qui est devenu contremaitre de l’exploitation, meurt dans un accident à la ferme.

« Regardez-nous danser » : les enfants des nouvelles élites font la fête

Plage, soleil, musique américaine ou française, sorties nocturnes, réveillons sur la plage, virées en bateau… Dans un relatif mélange des classes qui brasse soutiens du régime bien établis, et intellectuels contestataires.

La « modernité », entendue comme la transposition sans recul du mode de vie occidental, s’installe. Des débats traversent ces jeunes. Roland Barthes va venir enseigner à Rabat. La culture qui s’installe dans cette frange de la société marocaine est celle de l’Occident. Une frange de la population étroite mais très présente. Elle occupe le devant de la scène. Aveugle presque totalement au reste de la population. On sent dans le roman les signes peu perceptibles d’une frustration identitaire qui mettra des années à se formaliser dans l’islam politique.

« Regardez-nous danser » 2/3 - Leïla SLIMANI couverture du livre

Pendant ses vacances au Maroc, Aïcha découvre ces milieux. Elle s’ouvre lentement au monde. Et elle tombe amoureuse de Mehdi, dit « Karl Marx » par ses amis. De très belles pages sur cette relation qui se noue, dans la découverte maladroite par la jeune femme des gestes de l’amour. Dans une société qui les refoule.

Medhi est fou amoureux d’elle

Mais aussi fou de maladresse quand il demande, sans aucun préalable, sa main à son père. Amine, ancien militaire, rigide, éconduit brutalement Mehdi. Aïcha et humiliée et repart à Strasbourg où elle se réenferme dans ses études et le silence.

Mehdi passe brillamment des concours et devient le directeur des Impôts du Royaume. Lui, le contestataire, a accepté ce poste pour « changer le système de l’intérieur ».

Les années hippies

Selim, le jeune frère d’Aïcha, se laisse embarquer dans un road trip qui le mène au Sud. Il a fui la maison, sans un mot. Aux trousses d’une belle et étrange danoise, il échoue à Essaouira. Un espace où se concentrent nombre de jeunes occidentaux venus d’Europe et des Etas Unis. Des jeunes naïfs, aveugles à la réalité de leur environnement. Perdus dans la fumée des substances. Prétendant à l’amour mais centrés sur leur nombril crasseux.

Au contact de ces jeunes occidentaux désorientés, Selim rêve d’Amérique. De New York.

Medhi, Skhirat, Aïcha

Le jeune et brillant inspecteur des finances qui a pris la direction des Impôts du royaume, Medhi, est invité à l’anniversaire du Roi. Nous sommes en juillet 1971. Il s’interroge sur le plaisir que cette invitation lui procure. Mais il s’y prépare. Le code est de s’habiller en « sport chic ». N’arriver ni en avance, ni en retard. Le Roi sera là. Pourra-t-il le rencontrer ? Lui parler ?

Mais les circonstances vont changer le cours de sa vie. En chemin pour Skhirat, il retrouve Aïcha qu’il avait « perdue ». Et renonce au dernier moment à l’invitation royale.

Bien lui en a pris. Le terrible attentat du palais fait des ravages dans les personnalités invitées, marocaines et étrangères. La fin de la « fête » approche ! L’attentat de Skhirat en sonne le premier acte.

Les deux enfants perdus

Selim, le dernier de la fratrie, a raté une seconde fois le baccalauréat. Il s’est enfuit de la ferme familiale pour rejoindre les hippies à Essaouira. Paumé et ébloui, il navigue dans ces eaux chargées d’illusions. Sabah, abandonnée par sa mère, s’enfuit, elle aussi. Elle quitte sa pension. Mathilde ne peut la retenir.

En fait, elle n’a comme « ami » que son jeune oncle Selim avec qui elle échange une correspondance serrée. Mathilde et Selma seront effondrées de cette complicité qui les exclut totalement.

Aïcha se marie avec Mehdi

L’auteure brosse pour nous deux scènes poignantes. Nous sommes à la veille de la noce. Mathilde a tout préparé pour un mariage en grand apparat. Un décorum conforme à leur rang d’aujourd’hui. Amine vient la voir dans la nuit et lui fait l’amour. Elle ne comprend pas mais se laisse posséder, en silence. Le matin, elle se baigne dans l’eau fraiche de la piscine. Immobile, en apnée. Aïcha, qui a déjà enfilé sa robe de mariée, la voit comme morte et se jette à l’eau. Elles vont en rire, après coup !

La fête du mariage se déroule comme prévu. Les invités, en grandes tenues, circulent verre de champagne à la main. L’orchestre venu de Casa joue sa partition. Tout va bien.

Mais dans l’ombre, des paysans et leurs enfants observent, en silence, cet étrange ballet. Ils n’ont jamais vu tous ces tenues, ces comportements, ce luxe. Ils sont à des milliers de kilomètres de là. Amine prend peur et veut les chasser. Mathilde leur fait servir du poulet grillé et des sodas.

Mehdi est Aïcha s’installent sur les hauteurs de Rabat

Lui n’est pas devenu écrivain comme il le rêvait. Il gravit les marches de la haute fonction publique Il est conscient d’avoir été « amadoué » par le système. Il sait qu’il peut aussi être broyé s’il se montre opposé, contestataire. Les « années de plomb » marquent de leur empreinte la vie sociale des élites [1]. Mehdi se coule dans un mode de vie façonné par l’idée de domination. En un mélange de restes de féodalité et de morgue bourgeoise.

Aïcha travaille à l’hôpital public comme gynécologue. Elle se donne à son travail, comme elle l’a toujours fait. Tous deux s’inscrivent progressivement dans les modes de fonctionnement des élites bourgeoises du Maroc. Elites dont Aïcha ne connait pas tous les codes, au début. Elle va finir par prendre une bonne, Fatima. Qui vient d’un bidonville proche de Rabat.

1972, attentat contre Boeing royal

Le Roi Hassan II en sort indemne, ainsi que sa famille. C’est un miracle ! Cet évènement, après l’attentat de Skhirat, provoque chez Amine une sourde inquiétude.

Son fils Selim vit à New York. Il ne sait comment lui parler. Surtout, il craint pour l’avenir. Entre quelles mains cette ferme, pour laquelle il a tant fait, l’œuvre de sa vie, va-t-elle tomber quand il se fera ensevelir à côté de la tombe de sa mère dans un coin de la propriété ?

Après 1972, le Roi va s’investir dans la conduite de son pays

Il met en œuvre une série de réformes. Notamment une réforme agraire. A quelques pas de la ferme d’Amine, on installe une estrade, des tapis. C’est clair, le Roi va venir pour participer à une remise de titres de propriété à des paysans. Les drapeaux rouges à l’étoile verte flottent. Les autorités arrivent, mais le Roi ne viendra pas. La distribution des titres s’effectue devant les journalistes. Les paysans bénissent le souverain.

Amine a assisté à la scène, depuis un muret qui entoure sa propriété. On lui annonce qu’Aïcha vient de mettre au monde une petite fille.

Quelques pages se situent trente ans après. Mehdi est en prison. On ne comprend pas.

Quelques-unes des facettes qui composent l’élite marocaine après l’indépendance

Avec ce second roman, Leïla Slimani brosse un vivant tableau des élites qui vont se former autour du Palais dans les premières années de souveraineté retrouvée. Des élites nouvelles, de plus en plus urbaines, tant l’ancien pouvoir s’appuyait pour l’essentiel sur les seigneurs féodaux des vastes régions rurales, à l’intérieur des terres. Sommairement, nous décrivons les différentes facettes présentées dans le roman.

  • Il y a ceux qui font la fête. En majorité, ce sont des urbains. Ont souvent fini leurs études en France. Ils appartiennent aux couches de la bourgeoisie qui se constitue progressivement. Ils font la fête avec la volonté de s’affranchir de la lourdeur des traditions. Souvent par une lecture sommaire de la modernité. A coté de leurs lieux de plaisirs, des villas banalisées accueillent des centres de torture où la police opère contre les opposants.
  • Il y a ceux qui font des affaires. Des affaire étroitement et nécessairement liées avec une des strates du pouvoir. Pouvoir local pour les petites affaires. Pouvoir central pour les affaires importantes où les hautes autorités sont concernées et régulent la prédation. Celle-ci est la règle dans des formes qui ne s’embarrassent pas de la légalité. C’est la loyauté qui prévaut dans des relations personnelles fortes. Loyauté, mais aussi son pendant, la trahison. Medhi, major de sa promotion, a été nommé directeur des impôts au ministère des Finances. Dans le cadre de ses fonctions, il va rencontrer Boulhas, roi de la sardine, au sujet une embrouille fiscale. Il va se confronter à cette réalité, au terrain, aux enjeux humains, aux entreprises de séduction/complicité que les élites savent si bien tisser avec les agents de l’Etat.

[JOA : Au Nord, cette prédation est tout aussi importante, mais elle se fait dans la légalité formelle. Car les puissants ont le pouvoir de façonner les lois pour rendre leur prédation légale. C’est l’élégance portée à son sommet : voler l’argent public dans la légalité, avec en plus la reconnaissance sociale et les honneurs [2].]

  • Il y a les filles. Elles sont les proies de la plupart des grands acteurs de la scène du pouvoir. Maitresses plus ou moins régulières, elles vivent dans un luxe artificiel, à la merci d’un renvoi, d’une déchéance. Après la mort de Mourad que son frère lui avait imposé comme mari, Selma part à Rabat où elle rejoint cette cohorte de jeunes femmes vénales et tristes.  Selma a abandonné sa fille Sabah dans un pensionnat à Meknès. Mathilde, sa tante, est la seule personne qui vient régulièrement la visiter.
  • Il y a les forces de répression pour faire tenir le tout. Dans le roman de Leïla Slimani, c’est Omar, le frère d’Amine et de Selma, qui opère dans ce domaine. Il occupe un poste élevé. Il vit seul, affecté par une cécité qui s’annonce et de terribles démangeaisons. Sa sœur Selma, qu’il avait dans sa jeunesse dominé avec brutalité, est son seul havre. Il occupe des fonctions discrètes qu’il mène avec le cynisme requis. Il faut contrôler le fonctionnement des élites. Pas pour sanctionner leurs errements moraux ou la prédation. Mais pour éviter toute coalition politique qui pourrait contester le pouvoir. Il faut aussi soigner l’image du pays. Notamment en « nettoyant » Rabat la capitale avant la venue de chefs d’Etats étrangers. En expulsant clochards, mendiants, marginaux. Ce qu’on ne voit pas n’existe pas !

La famille Belhaj va envoyer Omar tenter de récupérer Sélim parti à Essaouira dans « l’amour libre et les paradis artificiels ».

Il y a bien sûr d’autres secteurs qui composent l’édifice du pouvoir

Des secteurs qui ne sont pas abordés dans cet ouvrage. Notamment ce qui touche à l’international, où ambassades étrangères, services secrets, militaires, s’activent pour ancrer le Maroc dans le bon camp. Il y a aussi le monde universitaire qui a formé, un temps, une bonne part des opposants politiques au régime. Mais celui-ci va « digérer » ces intellectuels en séparant ceux qu’il réussit à amadouer par des postes ou autres avantages. Et ceux, irrécupérables, qui vont croupir dans les bagnes, ou s’exiler.

La philosophie et la sociologie sont sorties des enseignements universitaires. Cela va être, pour un temps, le triomphe des ingénieurs, constructeurs des grands barrages.

Au fond, tous se plient à un mode de vie bourgeois

En adoptant plus ou moins les signes de la modernité occidentale. A cette époque, la société n’a pas été traversée par un retour du religieux. Celui-ci va imposer quelques années après une autre trame de comportement à toutes la société. Y compris à ses élites qui sauront s’adapter à cette nouvelle donne.

La part sombre dans l’écriture

Il y a, dans l’écriture de Leïla Slimani, une touche d’ombre qui ne quitte aucune des descriptions de ses personnages. Aucune des situations qu’elle déroule dans le fil de son roman. Comme une tache qui vient s’ajouter, systématiquement, à ses lignes. Une faute. Une erreur. Une maladresse. Une difformité sur le corps. Ou simplement un élément disgracieux.

Je donne ci-après deux exemples de cette « ombre au tableau ». (p 145) « Près de la porte d’entrée toujours ouverte s’entassaient des paires de chaussures pleines de sable, de paniers en raphia, des tas de serviettes humides qui sentaient le moisi. » (C’est moi qui souligne)

(p 220) « Les lycéens aussi étaient rentrés, et ne restaient plus dans rue que quelques retardataires au visage pâle, aux yeux cerné s et à l’haleine fétide. »

Comme si l’auteure voulait à tout prix éviter que son écriture la noie dans « l’eau de rose ». Là où le monde est décrit comme empli de douceurs et de bienveillance. Avec des bons et quelques méchants, séparés par une ligne claire et perceptible à l’avance. Alors Leïla Slimani ponctue son texte de touches de noirceur. De saleté, de laideur, de puanteur.

Tristesse

Au-delà de ces mots, se dégage de cette fresque familiale, une certaine tristesse tant les destins sont heurtés, contrariés. Tous les personnages partagent la difficulté de mettre en mots les bouleversements que la modernité qui se déverse sur la société impose [3]. Dans sa brutalité. Dans l’accusation de son caractère exogène, importé.

Le pays s’est ouvert sur le monde. L’émigration ne concerne plus des célibataires ruraux peu instruits, ayant le projet de retour comme c’était le cas dans les années 1950-60.

Ce sont, pour une bonne part, les enfants de ces élites qui vont partir pour finir leurs études au Nord. Avec toutes les contradictions [4] à escalader pour répondre, chacun, chacune à sa façon, aux nouveaux défis qui s’offrent aux générations nouvelles.

& & &

Leïla Slimani, née en 1981 à Rabat au Maroc, dans une famille d’expression française, est une journaliste et auteure franco-marocaine. Elle a notamment reçu le prix Goncourt 2016 pour son deuxième roman, Chanson douce.

Son père, Othman Slimani (1941-2004), est un banquier et haut fonctionnaire, secrétaire d’État chargé des Affaires économiques de 1977 à 1979. Sa mère, Béatrice-Najat Dhobb Slimani (1948–), est médecin ORL. Ses grands-parents maternels se sont rencontrés en 1944 pendant la Seconde Guerre mondiale, quand Lakhdar Dhobb, un spahi de l’armée française, participe à la Libération de Blotzheim, le village d’Anne Ruetsch (1921-2015), issue de la bourgeoisie alsacienne. Après la guerre, Anne s’installe avec lui au Maroc.

Après son baccalauréat, obtenu au lycée français Descartes à Rabat en 1999, Leïla Slimani vient à Paris pour ses études en classes préparatoires littéraires au lycée Fénelon. Elle est ensuite diplômée de l’Institut d’études politiques de Paris en 2004.

Elle s’essaie au métier de comédienne puis décide de compléter ses études à l’ESCP Europe pour se former aux médias. Leïla Slimani est engagée au magazine Jeune Afrique en 2008. Elle en démissionne en 2012 pour se consacrer à l’écriture littéraire. D’après Wikipédia. Pour en savoir plus sur l’auteure, voir ==> ICI

[1] Les années de plomb, au Maroc, correspondent à une période de l’histoire contemporaine du pays des années 1960 jusqu’à 1999 sous le règne du roi Hassan II. Elle a été marquée par une violence et une répression contre les opposants politiques et les activistes démocrates. Les années sont marquées notamment par des tentatives de coups d’État militaires en 1971 et 1972. Le pouvoir privilégie le maintien de la monarchie, l’ordre, et le conservatisme.

Un organisme gouvernemental de justice transitionnelle, l’Instance équité et réconciliation (IER), est créé en 2004 pour enquêter sur le bilan humain des années de plomb. Il rend ses conclusion en 2005, indiquant notamment un total de 9 779 cas au moins d’atteintes aux droits de l’homme, dont 1 018 morts. L’Association marocaine des droits humains (AMDH) estime que ces années de répression ont fait des dizaines de milliers de victimes (tués, blessés, torturés, emprisonnés, disparus et exilés), dont au moins 3 000 morts. D’après Wikipédia.

[2] Nous avons été quelques-uns à travailler sur la signification différente, au Nord et au Sud, du phénomène de « corruption ». Voir notamment les travaux de Mushtaq Khan, chercheur à la SOAS à Londres. J’ai longuement développé cette analyse dans mon ouvrage « SUD ! Un tout autre regard sur la marche des sociétés du Sud ». Voir ==> ICI

[3] Dans un contexte relativement proche, Naguib Mahfouz raconte dans son oeuvre cette émergence contrariée de l’individu dans la société égyptienne corsetée par la tradition à laquelle la religion a ajouté son poids. Voir notamment la note de lecture sur « La belle du Caire » ==> ICI

[4] Voir la note de lecture sur « Migrations : un champ de contradictions » ==> ICI

Voir aussi la note de lecture sur l’ouvrage de Mouhoub El Mouhoud « Le prénom » ==> ICI


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