Pouvoir et Impouvoir : Haïlé Sélassié et François Hollande

Pouvoir et Impouvoir : Haïlé Sélassié et François Hollande…

En 2006, au hasard de mes ballades à Paris, appareil de photos à la main, je vois ce collage d’affiches sur un mur près de la Bastille. Un immense choc à voir ces deux images côte à côte, ces deux portraits : que de pouvoirs d’un coté, que d’impouvoir de l’autre !

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Jusqu’à ces jours derniers, j’ai refusé de publier cette photographie, par décence vis-à-vis d’un parti politique de gouvernement, d’un candidat à la fonction présidentielle, puis d’un président de la République. Mais aujourd’hui, cette décence n’est plus de mise, la fonction présidentielle, ou plutôt la fonction politique d’un président, ont été tant mises à mal par Messieurs Sarkozy et Hollande…

Comment ne pas penser à l’insignifiance du politique aujourd’hui, au sens que Cornelius Castoriadis donne à ce mot ?

François Hollande avait le « pouvoir » de vider de tout contenu les mots de la politique : démocratie, développement, solidarité, Europe, crise, France, intérêt national… tous ces mots qui se trouvaient désamorcés quand ils sortaient de sa bouche…  Sa compassion comme ses déclarations de guerre (oui, il a déclaré plusieurs guerres) étaient formulées en des mots insignifiants, au sens littéral du terme : sans sens, sans portée, sans résonance dans nos esprits ni dans nos cœurs…

Par contre, quand il a parlé de déchéance de la nationalité, alors ses mots avaient un sens fort. Ils ont provoqué des ravages dans les esprits, dans la classe politique, dans l’opinion publique, mais aussi et surtout dans les banlieues où l’on n’a pas oublié ces paroles ! Là, les mots avaient perdu de leur insignifiance… Mais c’étaient ceux de l’extrême droite !

Étrange président « socialiste », si fort avec les faibles, si faible avec les forts. Il s’est ainsi totalement plié devant « le monde de la finance » qu’il avait dénoncé comme « adversaire » (c’est son terme exact) lors d’une réunion pendant de sa campagne électorale en janvier 2012…

Cet homme avait le « pouvoir » de vider les mots de leurs sens. Il a eu le « pouvoir » d’achever de vider son Parti de toute signifiance.

Avec d’autres, je dis aujourd’hui que s’ouvre une nouvelle période historique dans l’histoire politique de la société française. Ici commence l’espoir d’une refondation !