« Si tu n’es pas sage, les Sénégalais vont te manger ! »

Pendant les événements qui allaient donner aux Marocains leur Indépendance, au début des années 50, l’armée française a déployé dans les villes marocaines des tirailleurs sénégalais pour faire régner les derniers moments de l’ordre colonial.

Couverts par leurs officiers français, ces rudes soldats se sont comportés avec brutalité vis-à-vis de la population. Ils ont ainsi nourri un sentiment de peur, que les parents, de nombreuses années après, ont exploité pour asseoir leur autorité sur leurs enfants : « Les sénégalais vont te manger ! ».

Ces images ont imprimé dans l’imaginaire collectif marocain des éléments de racisme qui se sont ajoutés à ceux liés à l’esclave noir présent dans les cours des féodaux marocains, auprès du Sultan comme dans le monde rural. Dans les montagnes du Souss, de nombreux châteaux en terre (ksours) témoignent de la puissance du Glaoui, seigneur local, qui se compromettra avec les autorités françaises. Le Glaoui avait de nombreux esclaves noirs à son service, dont on retrouve les descendances dans les villages de l’Atlas.

Aujourd’hui, la migration sub-saharienne au Maroc réveille ces vieux démons dans la société marocaine, tout étonnée de se trouver terre d’immigration. Des ONG courageuses et déterminées se battent pour défendre les droits de ces migrants récents, qui font du Maroc à la fois une terre d’émigration, de transit, et d’immigration.

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