« Dans le jardin de l’ogre » de Leïla SLIMANI. L’auteure nous entraine dans la souffrance d’une femme, Adèle, esclave de ses tourments. Etre possédée par des hommes, connus et inconnus. Sans répis. Sans trêve dans les assauts qu’elle se livre à elle-même. Salement. Dans le dégout.
Aveuglement
Un immense mépris pour elle-même. L’incompréhension de ce qui lui arrive. L’alcool est présent en permanence. Le tabac accompagne tous ses gestes. Et même des drogues plus dures encore, associées à des violences exercées sur son corps. Avec son consentement. Dans la perte totale de conscience.
Elle donne le change
Autant qu’elle peut. Son fils, bébé, qu’il faut faire garder quand elle s’échappe en cachette. Pour sombrer une fois de plus dans l’horreur. Le mari qui travaille dur comme médecin. Qui fait tout pour rendre heureuse sa petite famille. Mais qui effleure à peine sa personne. Contradictions : elle ne peut envisager de vivre sans lui…

En arrière-plan, les parents d’Adèle
Dans l’appartement étriqué de son enfance. Une petite ville triste de Normandie. Simone sa mère, reste lointaine. Kader son père. Que vient faire cette ascendance maghrébine dans cette histoire ?
Aucune rémission n’est possible. La pulsion triomphe dans le malheur.
& & &
Leïla Slimani est née en 1981 à Rabat au Maroc. Journaliste et écrivaine franco-marocaine, elle a notamment reçu le prix Goncourt 2016 pour son deuxième roman, Chanson douce.
Elle naît dans une famille d’expression française. Son père, Othman Slimani (1941–2004), est un banquier et un haut fonctionnaire marocain, secrétaire d’État chargé des Affaires économiques de 1977 à 1979. Sa mère, Béatrice-Najat Dhobb Slimani (1948–) est médecin ORL et a été la première femme médecin à intégrer une spécialité médicale au Maroc. Ses grands-parents maternels se sont rencontrés en 1944 pendant la Seconde Guerre mondiale, quand Lakhdar Dhobb, un spahi algérien ou marocain, participe à la Libération de Blotzheim, le village d’Anne Ruetsch (1921–2015), issue de la bourgeoisie alsacienne. Après la guerre, elle s’installe avec lui au Maroc. Anne sera l’une des rares non-Marocaines décorée de l’ordre du Ouissam alaouite, une des plus hautes distinctions accordées par le roi du Maroc. Pour en savoir plus sur l’auteure, voir ==> ICI
« Dans le jardin de l’ogre », œuvre de fiction, ne laisse pas soupçonner comme premier texte de l’auteure, l’essai écrit dans sa nuit dans le musée de la Dogana à Venise. Voir ==> ICI
Articles similaires
« Haïkus érotiques » (note de lecture)
17 février 2019
« Récitatif » de Toni MORRISSON (note de lecture)
28 février 2024




