Alger, années 50.

Zohra embrasse avec dévotion la boite de lait Nestlé à la vue de l’écriture arabe qui y figure.

Elle ne comprend pas ce qui est écrit, elle n’a jamais été à l’école. Elle sait seulement que c’est de l’écriture arabe.

Dans l’espace public de l’Algérie coloniale, il n’y avait aucune trace d’écriture en arabe : enseignes, publicités, signalisation, emballage des produits de consommation… tout était écrit en français (sur les boites de lait Nestlé, l’écriture arabe, aux cotés de textes en anglais, espagnol, italien, était l’exception). On n’enseignait pas l’arabe dans les écoles publiques. Celles-ci suivaient la carte de la présence des français dans le pays (ils représentaient 10% de la population au moment de l’Indépendance). La langue arabe écrite était considérée comme un signe du nationalisme arabe où la religion avait sa part, le tout, tranquillement refoulé par le pouvoir colonial. Nous sommes quelques années avant le déclenchement de la guerre d’Indépendance !

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