« Warda » de Sonallah IBRAHIM (note de lecture)
[Deux choses à écrire avant la note de lecture]
- J’ai commencé la lecture de « Warda » ce 11 aout 2025, deux jours avant la mort de l’auteur, au Caire, à l’âge de 88 ans. Salut à toi, Sonallah !
On trouvera la note de lecture d’un autre roman de l’auteur : « Le petit voyeur » ==> ICI
- L’image reproduite sur la couverture du livre (voir l’image totale ci-dessous) représente une combattante des mouvements insurrectionnels au Dhofar, prise le 20 mai 1971. Cette image a eu un destin international, presque aussi fort que l’image du « Che »[1], avec son cigare et son beau visage. J’ai vécu auprès de cette image de femme combattante en poster pendant des années. Qu’est devenue aujourd’hui cette jeune femme souriante et déterminée ? Je reste encore impressionné par la force et la tranquillité de ce regard, de cette posture. Même si je ne suis plus du tout illusionné par les chances de succès de la lutte armée.
« Warda » de Sonallah IBRAHIM. Roman publié en arabe en 2000, dans sa traduction française en 2002. L’auteur nous invite à parcourir un voyage dans le temps. Les personnages du roman évoluent en 1992-1993. Ils sont à la recherche des souvenirs des moments bouillonnants de la révolte arabe progressiste, entre 1957 et 1976 qui a mobilisé des milliers de jeunes dans tout le Proche Orient. Et notamment du front révolutionnaire qu’ils ont ouvert dans la partie occidentale d’Oman.
Une mobilisation et des luttes qui ont sombré dans les divisions et la répression. Dans des enjeux internationaux qui les dépassaient. Laissant le champ libre aux forces islamistes qui vont occuper le devant de la scène progressivement. Avec l’effet désastreux que l’on sait. Double désastre, donc !
C’est au Dhofar [2] que la lutte armée se déclenche. Dans la région Ouest d’Oman [3], au Sud-Est de la Péninsule arabique. Une lutte populaire d’inspiration marxiste-léniniste, qui a fini par être écrasée en 1976 par une coalition regroupant, sous la conduite de l’armée britannique, l’Iran (du Shah) et la Jordanie.
Voyage dans le temps, voyage dans les espaces du Proche Orient. Beyrouth, Mascate, Le Caire, le Dhofar, Bagdad…
Voyage dans les idées : comment résister aujourd’hui à la déferlante des pouvoirs dominants en tirant les leçons des échecs des mouvements armés d’inspiration marxiste-léniniste ?
Le roman se noue dans les années 1990 avec la recherche par le narrateur d’amis militants rencontrés trois décennies auparavant
Ces amis, ce sont surtout Yaarob et Warda, frère et sœur. Deux militants qui deviendront, chacun sur son terrain, de hauts responsables du Front qui portera la guerre populaire en Oman. La recherche s’alimente de la transmission du journal personnel de l’époque de « Warda ». L’auteur fait écrire à son héroïne sa vie de jeune femme engagée dans les espoirs de changement politique par la lutte armée au Proche Orient. Du Liban aux pays du Golfe. Et notamment dans la partie Ouest du sultanat d’Oman, le Dhofar.
Nous sommes dans les années 1960-70. A l’autre bout du monde, Che Guevara a lancé un mouvement insurrectionnel armé dans les montagnes de la Bolivie, avec les paysans pauvres. Ce sera un échec. Guevara est capturé exécuté en 1967.
Mais avant cet échec, l’idéal de changement social s’est largement inspiré des écrits et actions du Che. Sous un mode où se mêlent romantisme et dogmatisme révolutionnaire. Après les impasses de la lutte politique, c’est la lutte armée qui parait être la voie. La prise de territoire palestinien par l’armée d’Israël et son occupation coloniale ajoutent aux motifs de révolte. Les jeunes militants arabes s’engagent, captivés par l’expérience du Che.
Ils sont également à l’écoute de la lutte du peuple vietnamien contre la domination américaine. Et la victoire des Vietnamiens en 1975 sera celle de tous les révolutionnaires de la planète, dans le Tiers Monde et au Nord.
Révolte nationaliste, anticolonialiste et socialiste
« Warda » de Sonallah Ibrahim nous restitue ces ébullitions parmi les jeunes intellectuels arabes révoltés contre les dictatures des régimes arabes. Contre la présence britannique finissante et l’impérialisme américain montant. Et contre la colonisation à l’œuvre en Palestine.
Ils rêvent de socialisme. Pris dans les arcanes des conflits entre l’URSS et la Chine pour la domination du mouvement communiste mondial. Embrouillés par rapport à Nasser et à son alignement un temps sur l’URSS, tandis qu’il mettait en prison les militants communistes égyptiens. Lesquels, du fond de leurs cellules, clamaient leur soutien au régime. Il n’y a qu’en Egypte qu’on peut voir un tel paradoxe ! On lira sur ce sujet les premiers chapitres d’Un homme à part, qui font le récit de la création du Parti Communiste égyptien (voir la note de lecture ==> ICI).
La libération des femmes
(p 279) « La femme dhofarie en particulier était dominée par quatre pouvoirs. Politique, représenté par le régime de Mascate [la capitale] ; tribal, incarné par le chiekh ; religieux, incarné par l’imam ; familial, incarné par le père, le frère et le mari. » Warda se bat aussi pour libérer les femmes du poids des traditions. Elle a fort à faire avec le patriarcat qui imprègne toute les sociétés arabes. Auquel n’échappent pas les hommes militants progressistes ! Elle écrit dans son journal : (p 105) « Par deux fois, Chihab [son amant] et Yaarob [son frère] se sont ligués contre moi. Quand j’ai mis une minijupe. Et quand j’ai décidé de rejoindre l’organisation armée. »
Warda a fini sa formation politique et militaire à Beyrouth
Elle part pour la lutte armée dans le Dhofar. Elle est chargée de diriger, sur le terrain, un groupe de 25 combattants dans la guerre de libération contre l’occupant anglais et le sultan à sa botte. Ceux-ci ont enrôlé des mercenaires pakistanais. Une guérilla qui se cache dans l’arrière-pays montagneux. Avec des hommes de la région, bergers, paysans qui forment ses troupes. Ils connaissent le terrain, mais sont loin, très loin, de la pensée révolutionnaire qui a guidé Warda et les autres dirigeants du mouvement sur ces terrains de « guerre populaire ».
Warda cheffe d’un groupe de combat qui lutte, caché, dans la montagne
Sonallah Ibrahim nous restitue l’esprit de l’époque dans le journal que rédige Warda, cheffe d’un groupe de guérilleros omanais. Elle consigne les détails de la vie de groupe clandestin évoluant dans les maquis. Elle, seule femme du groupe. Et sa cheffe ! L’aéroport militaire britannique proche de leur base, dans les grottes où ils se cachent, constitue une des cibles de l’action.
Elle rencontre les difficultés de la vie dans la nature. La chaleur. Les insectes et serpents. Le froid la nuit. Son intimité de femme dans le groupe. Face au groupe. Les regards lourds de certains de ses hommes. Les blessures. Les pertes humaines. Comment y faire face ? Pour soi ? Pour le groupe ? Les traitres ou ceux qui sont soupçonnés de traitrise. Comment les juger ? Est-il légitime de les exécuter s’ils sont coupables ?
Elle se tient informée sur la situation dans les sociétés du Proche Orient
A l’aide d’une radio à piles, elle s’informe sur l’état du monde. Sur les enjeux politiques des groupes révolutionnaires au Proche Orient. Leurs débats internes. Les innombrables conflits et scissions. Les renversements d’alliances en leur sein. Mais aussi les relations complexes avec Nasser. Les coups d’Etat qui ponctuent la région, en Syrie. En Iraq, puis en Libye avec l’arrivée de Kadhafi au pouvoir et le pseudo socialisme qu’il instaure… Au Soudan où le mouvement syndical est écrasé…
Elle s’informe aussi de la marche de la révolution qui secoue le monde
Ses avancées. Ses reculs. La guerre de libération victorieuse en Algérie en 1962. L’enlèvement et la disparition de Ben Barka à Paris en 1965. Les déboires de la Tricontinentale qui s’en suivent. Elle s’étonne du coup d’Etat de Boumediene qui destitue le président Ben Bella à Alger. La mort de Guevara en 1967 en Bolivie. Les avancées des offensives du Vietminh. Le désastre de le Guerre des 6 jours en 1967. La libération de Saïgon. Puis les Accords qui mettent fin à des décennies de guerre du Viet Nam en 1973.
Elle délivre à son groupe des leçons de formation politique
Des leçons le plus souvent tirés des enseignements de Guevara ou de Mao. Sur l’idéal révolutionnaire. Les mécanismes de l’exploitation capitaliste. Sur le comportement des militants, l’engagement et la morale. Et sur les rapports hommes/femmes et le poids des traditions. La vie quotidienne l’amène sur la religion : « finalement, es-tu musulmane lui demande-t-on ? ». Réponse embarrassée de Warda !
Echanges également sur les superstitions. Sur les médecines traditionnelles qui mêlent savoir paysan et croyances. Sur les objectifs de la lutte, combinant nationalisme anticolonial et socialisme. Et sur les compromis à faire, en évaluant le rapport des forces… Mais tout cela est bien loin des motivations des hommes qui composent son groupe !
L’auteur nous fait part des sentiments qui animaient les militants de cette période sur leur engagement. (p 153) « J’ai vraiment de la chance de vivre cette époque de transformation des rapports humains. De rapports d’exploitation en rapports de fraternité, de solidarité, d’égalité. La lutte fondamentale est celle qui oppose les valeurs individuelles aux valeurs collectives. L’excès d’individualisme conduit à l’égoïsme, à l’idée que l’individu agit en fonction de son seul intérêt personnel, fut-il contraire à celui d’autrui. » écrit Warda dans son journal. Avec ce qui apparait aujourd’hui comme une montagne d’illusions naïves !
Encore des illusions naïves !
Avec le temps, le bouleversement des rapports sociaux apporté par les militants qui animent la guérilla ne concerne plus seulement l’organisation des groupes de combattants eux-mêmes. Elle s’étend à l’organisation sociale et économique de la population rurale des régions « libérées » par la lutte armée. Des coopératives sont créées. L’usage des puits est rendu collectif, rompant avec les appropriations tribales antérieures. Les règles du mariage changent. La liberté des jeunes femmes est proclamée dans le choix de leur mari. On s’efforce de sédentariser les populations nomades. L’école est mise en œuvre progressivement. Pour les garçons comme pour les filles.
Tout ceci s’établit avec les grands principes marxistes léninistes. Et des slogans creux « La volonté du peuple vaincra les armes modernes » (p 191). Sans beaucoup d’égards pour les conditions matérielles et culturelles locales. Avec l’illusion qu’il suffit « d’éduquer les masses » pour qu’elles s’emparent de ces principes et modifient leurs comportement. Qu’elles passent outre leurs croyances séculaires, leurs sentiments religieux, leurs traditions… (p 190) « Objectif principal : éduquer les masses dans un esprit nouveau, de coopération, de tolérance, et de résistance à l’oppression. »
Effacement de la part maudite en chacun de nous
Là est la montagne d’illusions naïves !!! Cette approche ne concevait qu’une partie de l’être humain. La partie ensoleillée, généreuse, ouverte et bienveillante. Et l’éducation allait projeter les êtres humains de ce côté. Elle ignorait l’autre partie, sombre, égoïste, cynique, froide.
Or, ces deux parties sont inséparables en chacun de nous. C’est tout un travail de civilisation que d’entretenir, de soutenir la partie positive. Et de refouler, de contrôler, de limiter la partie négative. Sans en nier l’existence. Sans l’effacer. Un travail d’abord individuel mais aussi collectif. Voir à ce sujet, de Jean Baudrillard, « La transparence du mal » ==> ICI
Et ces illusions allaient se payer cher. Très cher !
D’abord par la défaite de la lutte armée. Au Dhofar, en Amérique Latine, en Europe même (Allemagne, Italie)… Ensuite, dans les pays de culture musulmane, par la montée des mouvements islamistes, dans le vide créé par l’effondrement de la pensée progressiste. Avec un atout certain de cette pensée adossée à la religion : c’est qu’elle apparait comme totalement endogène. Emanant du plus profond des sociétés islamisées depuis des siècles ! En phase avec les croyances collectives adossées aux traditions.
Tandis que la pensée progressiste paraissait largement importée, depuis la modernité occidentale. Ce qu’elle était largement !
Il manque le dernier volume du journal personnel de Warda
Au terme de parcours aussi complexes que mystérieux, notre narrateur le retrouvera entre les mains de Waad. Cette dernièr n’est autre que la fille de Warda.
Cet ultime journal raconte l’aboutissement dans l’échec de l’aventure politique et militaire de cette « guerre populaire » qui finie vaincue.
Sur le terrain, la situation évolue en faveur du pouvoir
Sonallah Ibrahim nous retrace ces évolutions au travers cette dernière partie du journal de Warda. Le sultan a été déposé par les Britanniques au bénéfice de son fils. Celui-ci va mener une politique habile de développement économique et social. Et de recherche des ralliements des militants de la lutte armée. Le groupe de Wafa et l’ensemble des mouvements connaissent des défections dans ses rangs. Les échecs, des pertes significatives se multiplient. L’Iran du Shah envoie des troupes aux côtés du pouvoir.
C’est la débâcle des groupes armés
Le pouvoir et ses alliés extérieurs multiplient les axes de reprise en main du territoire. Actions de développement. Accueil des ralliés au régime. Répression militaire accrue. Les troupes iraniennes et jordaniennes sont largement à l’œuvre sur les fronts militaires. Elles exploitent aussi les rivalités tribales ancestrales.
Warda et la direction de son groupe quittent le territoire de lutte
Les routes proches de la côte sont contrôlées par les forces du pouvoir. La retraite s’effectue au cours d’un périple qui s’enfonce dans le terres, vers le désert d’Arabie. Avec tous les risques face aux tribus hostiles et en conflits entre elles, qui contrôlent ces immenses territoires. Face aux loups qui hantent les dunes de sable. Les renards qui viennent dérober, de nuit, la viande de chamelle que l’on a fait sécher. Et surtout, ultime moyen de survie, les chamelles qui avancent, vacillantes sous la chaleur et la soif.
Warda fait ce voyage, enceinte
Elle a voulu cette conception, de Dahmish, son compagnon. A ses cotés depuis des mois dans cette guerre.
Son frère Yaarob, au comportement bizarre, et deux guides locaux forment ce groupe qui s’est engagé dans une difficile traversée. Warda est sur ses gardes. Une profonde méfiance l’accompagne. Vis-à-vis des guides qui ne répondent pas aux questions sur l’itinéraire. Vis-à-vis de son frère, lui-même. Qu’elle soupçonne d’avoir eu, il y a quelques années, un rôle dans la capture par l’armée d’un groupe important de militants. Avec des armes et de l’argent. Une trahison ? Elle n’ose y penser.
La survie dans le désert est très rude. L’eau est rationnée. Pour les humains. Pour les chamelles également.
Abandonnés
Un matin, elle se réveille seule avec Dahmish. Son frère et les deux guides ont emporté leurs armes, et presque toutes les outres d’eau. Ils n’ont laissé qu’une chamelle. Mais ils n’ont pas trouvé les journaux que Warda continue de tenir, presque chaque jour.
Ils reprennent la marche. Dans des conditions encore plus précaires, incertaines… Ils sont affamés, assoiffés. Effrayés par le silence du désert. Et les dangers qui les entourent… Les nuages sombres qui s’accumulent dans le ciel. Sans donner de pluie.
Le journal s’interrompt là. Que s’est il réellement passé ?
Le roman nous livre des bribes de réponses
Le narrateur, revenu dans le Dhofar, retrouve anciens militants, tous plus ou moins recasés dans les strates du pouvoir qui s’est installé solidement. Il lui arrive d’étranges aventures. Le lecteur se perd dans les mystères de ses tribulations qui s’impriment sur les mystères de la fin de Warda…
Ultime image, ultime défaite
Le frère de Warda, Yaarob, est devenu un haut responsable de la police du régime. A mots couverts, il reconnait sa trahison. Oui, il a abandonné sa sœur et son compagnon dans le désert.
On comprend qu’il a tout fait pour que les journaux de Warda ne soient pas divulgués. C’est ce qui explique les manœuvres mystérieuses qui ont entouré leur recherche.
Il sait peu de choses sur ce qu’il est advenu de Warda après son départ. Elle a été recueillie par une tribu. Protégée, elle a accouché d’une fille. Sa trace s’efface rapidement après…
Une réflexion sur les espoirs et idéaux que j’ai partagé dans les années 1960-1970
Ce roman invite à une réflexion sur mon parcours personnel. Je me suis engagé après 1968, en France, avec tant d’autres, dans le rêve d’un changement profond du monde. Un rêve de libération. D’émancipation. De désaliénation… sous le regard souriant de cette jeune militante dont le poster ornait ma chambre à partir de 1970.
Cet engagement s’est concrétisé dans les années 1970 au sein d’une organisation d’extrême gauche qui avait adopté des règles morales sur le respect de la vie, sur la violence. Des règles que je comprenais et auxquelles j’avais adhéré fortement. Une organisation où l’origine des militants ne comptait pas. D’ailleurs, nous avions chacun un pseudonyme qui devait ne faire aucune mention de notre origine. Et les cotisations, très élevées sur une base volontaire, étaient collectées en liquide.
« L’histoire nous mord la nuque » disait un bulletin intérieur de l’organisation au début des années 1970. Comme si la Révolution, impatiente, nous attendait au coin de la rue !!! Au fond, du plus profond de mes souvenirs, je n’ai jamais cru que nous allions « faire la révolution ». Mais l’engagement tenait pour toutes les causes à défendre. Toutes les injustices dont on se montrait solidaire. A dénoncer. En France, à nos portes. Dans le monde. J’ai milité aussi en lien avec des militants libanais, kurdes, iraquiens. Qui venaient à Paris pour se ressourcer après des années de lutte dangereuse.
Bien sûr, nous ne risquions pas notre vie !
Et cela fait une différence capitale ! Nous vivions dans un Etat de droit où les règles étaient globalement respectées en rapport aux actions que nous pouvions mener. Nous l’avons vécu au moment où notre organisation a été dissoute en 1973. Et nous savions qu’en 1968, au cours des grandes manifestations et grèves qui avaient mobilisé des centaines de milliers de participants, la police, à Paris notamment, avait fait preuve d’un respect du droit en matière d’ordre public. Avec un nombre très faible de dommages corporels. J’ai retrouvé une plaque, dans une rue de Paris, qui honore le préfet Maurice Grimaud [4] qui avait la charge de l’ordre public.
Espoirs de révolution ? Nous sommes allés de recul et défaites !
C’était dans les années 1970… Depuis, nous n’avons cessé de reculer. Et je ne cesse de m’interroger sur les raisons des erreurs qui ont conduit à ces régressions. A ces échecs. Sur les raisons profondes de notre aveuglement concernant le comportement humain. Un comportement fait, contradictoirement, de bienveillance et des pires penchants, au sein d’une même personne.
On trouvera ci-dessous les liens vers quelques-uns des textes qui tentent d’apporter des éléments de réponse.
- Lien vers « Tous racistes ? » ==> ICI
- Lien vers « L’échec de la pensée progressiste : nous avons perdu ! » ==> ICI
- Lien vers « La transparence du mal » Essai sur les phénomènes extrêmes de Jean Baudrillard (note de lecture) –==> ICI
La situation s’est largement dégradée depuis les années 1970 dans les pays du Nord. Mais aussi dans les pays du Sud, après les vagues de décolonisation. Même si d’autres façons de prendre en compte les situations y sont apparues. Sur le plan de la démocratie. Sur le plan social. Et se sont ajoutées les urgences écologiques qui restent ignorées des dirigeants politiques.
Retenons les leçons de nos aveuglements
En restant ouvert aux nouvelles forces qui émergent. Ici, là-bas. Au Sud comme au Nord.
& & &
Sonallah Ibrahim (en arabe : صنع الله إبراهيم), né en 1937 dans une famille de la petite bourgeoisie cairote, mort au Caire le 13 août 2025, est un écrivain égyptien. Dans les années 1950, il interrompt ses études universitaires pour se consacrer à la lutte politique au sein du Parti communiste égyptien. Arrêté le 1er janvier 1959 avec quelques centaines d’autres militants, il ne sera libéré qu’en avril 1964.
C’est dans ces années de prison qu’il décide de devenir écrivain. Son premier roman, Cette odeur-là, censuré lors de sa première parution en 1966, l’impose d’emblée au sein de la nouvelle avant-garde des années 1960. Après un séjour à Berlin-Est puis à Moscou, où il achève son deuxième roman (Étoile d’août, publié à Damas en 1974), il rentre au Caire en 1974 et décide de se consacrer exclusivement à l’écriture. Il a publié depuis sept autres romans, presque tous traduits en français, dont Les Années de Zeth (1992), satire féroce de la déliquescence politique, sociale et morale de l’Égypte de Moubarak.
En octobre 2003, choisi par un jury panarabe pour être le lauréat du Prix du Caire pour la création romanesque, décerné par le ministère égyptien de la Culture, il refuse publiquement ce prix « octroyé par un gouvernement qui, à [ses] yeux, ne dispose d’aucune crédibilité pour ce faire ». En 2004, il reçoit le prix Ibn Rushd pour la liberté de pensée. Pour en savoir plus sur l’auteur, voir ==> ICI
Notes de bas de page
[1] Ernesto Guevara, plus connu comme « Che Guevara » ou « le Che » né en 1928 à Rosario (Argentine) et mort exécuté le 9 octobre 1967 à La Higuera (Bolivie), est un révolutionnaire marxiste-léniniste et internationaliste argentin ainsi qu’un homme politique d’Amérique latine. Il a notamment été un dirigeant de la révolution cubaine, qu’il a théorisée. Et tenté d’exporter, sans succès, vers le Congo puis la Bolivie où il trouve la mort.
En 1965, après avoir dénoncé l’exploitation du tiers monde par les deux blocs de la guerre froide, il disparaît de la vie politique et quitte Cuba avec l’intention d’étendre la révolution et de propager ses convictions marxistes communistes. Il se rend d’abord au Congo-Léopoldville, sans succès. Puis en Bolivie où il est capturé et exécuté sommairement par l’armée bolivienne entraînée et guidée par la CIA. Il existe des doutes et de nombreuses versions sur le degré d’influence de la CIA et des États-Unis dans cette décision.
Après sa mort, Che Guevara devient une icône pour des mouvements révolutionnaires. Il fait l’objet d’un culte de la personnalité. Mais demeure toujours l’objet de controverses entre historiens, à cause de témoignages sur des exécutions d’innocents avancées par certains de ses biographes. Son portrait réalisé par Alberto Korda est considéré comme l’une des photographies les plus célèbres au monde.
[2] Dhofar (arabe ظفار Ẓufār) est la région sud du sultanat d’Oman, à la frontière entre Oman et le Yémen, avec pour capitale Salalah. Ce gouvernorat a une superficie de 99 300 km², et une population en 2010 de 250.000 habitants. Le Dhofar fait partie du sultanat d’Oman depuis 1970 et la fin de la guerre du Dhofar. Les frontières du territoire furent établies par les Britanniques, en 1891 (d’après Wikipédia). Pour en savoir plus, voir ==> ICI
Suite des notes de bas de page
[3] La guerre du Dhofar ou rébellion du Dhofar est un conflit armé qui a eu lieu au sultanat d’Oman de 1965 à 1976. En 1964, une rébellion séparatiste commence dans la province de Dhofar, comptant alors 40 000 habitants (pour un total de 750 000 Omanais). Avec des conditions de vie de la population extrêmement médiocres, et alors que le souverain de l’époque, Saïd ibn Taïmour, se conduit en despote. La rébellion parvient à avancer au cours des premières années et encercle bientôt Salâlah, la principale ville de la région.
Deux congrès définissent les objectifs politiques du mouvement, en 1965 et en 1968. Le programme adopté vise à mettre en place une « république populaire démocratique » et d’expulser l’armée britannique d’Oman.
Le Front cherche à instaurer une Constitution, à abolir la loi martiale, à rétablir les libertés de presse et d’expression et à assurer les droits des minorités. Sur les questions économiques, il entend nationaliser les compagnies pétrolières, développer les industries et mettre en place une réforme agraire. Le Front appelle ainsi à plus de justice sociale et affirme son soutien à tous les mouvements de libérations asiatiques, africains et latino-américains. Des références sont également faites à la lutte des Palestiniens. Les rebelles ouvrent des écoles auxquelles les garçons comme les filles peuvent accéder (l’éducation des filles était interdite en Oman jusqu’en 1970). Le tribalisme est combattu et les rapports sociaux tendent à évoluer, avec notamment une place spécifique accordée aux femmes, y compris dans la lutte armée.
L’armée du sultan ne parvient pas à contenir les avancées du Front qui bénéficie du soutien d’une bonne partie de la population. En 1970, malgré l’intervention de l’armée britannique, les insurgés contrôlent la majorité des points stratégiques de la région. Devant cette situation critique, les Britanniques décident de mettre un terme au règne du sultan Saïd, qui est obligé d’abdiquer en faveur de son fils Qabus ibn Saïd lors d’un coup d’État en juillet 1970. Le nouveau souverain met en place une politique d’amélioration des conditions socio‑économiques de son pays ainsi qu’une reconstruction de ses forces armées et à la formation à partir de 1970 par le SAS britannique d’unités irrégulières, les firqats, constitué d’anciens rebelles, aidé par une forte hausse des revenus de l’État à la suite du choc pétrolier de 1973.
En 1975, l’armée iranienne parvient à étouffer les zones rebelles par des techniques de guerre antiguérilla. La rébellion prend fin en 1976 avec la défaite des rebelles. Outre la réussite des opérations militaires, le sultan parvient à obtenir le ralliement d’une partie de la population et la démobilisation de combattants rebelles par la mise en œuvre d’une politique de développement économique, de modernisation des rapports sociaux et d’amnistie des ex rebelles. Pour en savoir plus, voir ==> ICI
[4] Maurice Grimaud, décédé en 2009, était le préfet de police de Paris lors des événements de Mai 1968. Cet homme de lettres devenu patron des flics a laissé son nom pour sa gestion raisonnée du maintien de l’ordre, qui a permis d’éviter que les affrontements ne fassent des morts. Au-delà de ce bilan miraculeux, l’ex-préfet a laissé des méthodes en héritage. Source TF1 info. Pour en savoir plus, voir ==> ICI
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