Tous potentiellement racistes. Photo prise à Venise

Tous racistes ?

Dans l’immense complexité des facteurs qui composent et modèlent les comportements humains, il en est un commun à tous les êtres : le rapport ambivalent à la différence, le rapport à l’autre. Nous vivons tous un mélange entre attirance pour le nouveau, l’inconnu…, et peur de l’autre. Peur qui ne nous ressemble pas, qui va déranger nos habitudes, peur qui peut conduire au rejet, à la haine. Nous sommes tous pris dans cette ambiguïté, à vouloir découvrir celui qui diffère de nous, et tout à la fois, le craindre.

La question est donc :

 laissons-nous la peur envahir notre imaginaire, supplanter notre désir d’autre, nous fermer à l’altérité ? Ou bien maîtrisons nous cette peur en mobilisant d’autres sentiments comme la curiosité, l’ouverture, le désir de découverte pour aller vers l’autre, l’inconnu, l’étrange étranger ?

Oui, nous sommes tous potentiellement racistes, mais nous avons la responsabilité de notre choix

– Madame Marine LP Monsieur Eric Z, Monsieur Emmanuel V, pour prendre des exemples tapageurs en France, mais aussi des politiciens en Europe, aux Etats Unis, au Brésil, en Birmanie, en Afrique du Sud, au Pakistan, en Inde…, choisissent d’exploiter la peur, le rejet, la haine de l’autre. La société se fracture, la violence individuelle et sociale est légitimée par ce discours. Les passages à l’actent s’enchaînent. Et la violence des uns appelle la violence des autres. Il se trouve toujours des tenants de cette position pour souffler sur les braises, tout en dénonçant la « dictature du politiquement correct ».

– A l’autre bord, d’autres personnes adoptent une attitude d’ouverture, faite de bienveillance, d’appétit pour la différence, sans naïveté, de reconnaissance de l’enrichissement procuré par l’apport de l’autre dans son étrangeté. Nous savons que le choix de l’ouverture peut se parer de bons sentiments pour développer des attitudes de paternalisme.

Mais la solidarité est aussi un facteur qui compose l’être humain. Tous les êtres humains. Et c’est sur ce sentiment que s’appuient ceux qui restent ouverts à l’autre. Une partie d’entre eux s’engage dans des actions concrètes d’accueil, défiant même le « délit de solidarité ». De simples citoyens, des militants d’ONG, des élus locaux, s’activent en de multiples initiatives d’accueil des réfugiés partout dans le monde; Du Liban à la Jordanie, de la Turquie à la France, l’Espagne, la Suède… Ces actions témoignent de la force de ce sentiment de solidarité.

L’autre est comme moi, potentiellement raciste

Et il faut penser que l’Autre est aussi dans cette ambivalence vis-à-vis de moi. Pour lui, je suis l’Autre : comme moi, il est potentiellement raciste. Penser cela, non pour le rejeter, mais pour lui trouver une semblance avec moi. En comprenant que lui comme moi avons le choix de nous laisser aller au rejet ou bien de faire l’effort de maîtriser ces pulsions négatives vis-à-vis de qui ne nous ressemble pas. C’est par cette maîtrise que se forme la capacité à vivre ensemble, et finalement, la civilisation.

voir « La haine, remède à l’angoisse?  » ==> ICI

Une responsabilité particulière

Ainsi, les responsables politiques, les journalistes, tous ceux qui ont une voix qui porte, ont une responsabilité particulière sur ce qui va façonner notre imaginaire commun vis à vis de l’étranger.

Vont-ils emboîter le pas des prêcheurs de haine ? Vont-ils, au contraire chercher à apaiser les tensions qui traversent inexorablement les sociétés confrontées aux mixités des origines, des religions, des façons de penser, de s’habiller, de se comporter dans l’espace public ?

Concurrence des normes

Oui, il y a des situations où ces mixités créent sur le terrain des concurrences de normes (ce que l’on mange ou pas, ce qu’on porte ou pas sur la tête…). C’est sur ces situations locales que les forces radicales soufflent des vents de division. Islamisme et extrême-droite vont main dans la main pour souffler la haine.

Les responsables politiques vont-ils chercher des solutions à l’échelle où les problèmes se posent (le quartier, l’école, la commune…)? Ou bien mobiliser la presse, enflammer l’opinion, en faisant d’une difficulté, d’un incident, d’un frottement, une affaire de clash des civilisations ?

Il en va de la responsabilité de chacun, mais aussi des politiciens, des journalistes.

La photo, prise à Venise, vise à provoquer la peur, mais aussi le mépris.

(photo prise à Venise)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.