Sur le plan de l’économie mondiale, la position hégémonique des USA tient à un privilège que ce pays s’est octroyé. Celui qui fait que ses déficits ne sont pas sanctionnés par les marchés financiers internationaux. Déficit public, déficit extérieur peuvent se creuser. Aucune attaque spéculative par les marchés contre le dollar ne se produira. Cette non-sanction, c’est ce que l’on peut appeler le « privilège d’empire ».

Elle accorde aux USA un privilège exorbitant. Celui de s’endetter sans que les créanciers ne viennent demander le remboursement de leur créance ! C’est l’hégémonie du dollar sur la scène internationale.

Qu’ont fait les USA de ce « privilège d’empire » depuis 30 ans ?

Le taux d’épargne des USA est proche de zéro, voire négatif. Ménages, État, entreprises dépensent durablement plus qu’ils ne gagnent. Creusant ainsi les déficits budgétaire et extérieur. Ce privilège signifie que la société américaine vit au crédit du reste du monde.

Sur-consommation à crédit

Cela veut dire que la société américaine peut massivement sur-consommer à crédit. Pire ! Avec un crédit qu’ils espère ne jamais rembourser puisqu’il est exprimé en dollars ! Ainsi, le reste du monde finance depuis des décennies les excès de consommation de l’Empire américain. Et les destructions massives de l’environnement qui vont avec.

En échange de quoi ?

On pourrait imaginer une contrepartie à ces transferts massifs vers le cœur de l’Empire. La position impériale classique implique la protection des territoires sous sa domination. Une protection militaire ? Un système de sécurité ? Les USA on joué ce rôle dans les deux Guerres Mondiales, lors des deux grands « suicides » de l’Europe du XX° siècle. Ensuite ce fut la Guerre Froide avec l’URSS comme danger réel ou supposé. Mais depuis 1990, l’alibi de la « protection » américaine de l’Europe contre le communisme a disparu avec la chute du Mur de Berlin et l’effondrement de l’URSS.

D’une insécurité de masse à l’échelle mondiale

De fait, cette sur-consommation payée par les autres, ne donne lieu à aucune contrepartie. Bien au contraire ! Depuis 1990, les USA ont généré une immense insécurité dans le monde. D’abord sous la présidence de G. W. Bush et sous l’influence des néo-conservateurs. Guerre en Afghanistan et en Irak. Guerre (entraînés par la France) en Libye.

D. Trump a ajouté à cette insécurité massive. Retrait de l’accord avec l’Iran et étranglement de ce pays. Chantage contre les firmes des autres nationalités qui commercent avec lui. Soutien à l’expansion mortifère d’Israël sur les territoires Palestiniens. Soutien aux ambitions belliqueuses de l’Arabie Saoudite et à l’expansion de son idéologie funeste dans le monde entier…

La crise des subprimes de 2008 a révélé que le « roi était nu »

On a vu alors qu’une bonne part de la puissance de « l’Empire américain » est virtuelle, basée sur des montages financiers et des crédits « douteux ». La confiance dans le système américano-britannique de domination de la finance a commencé à se fissurer. Les pays d’Asie, et en premier lieu la Chine, « l’Empire du Milieu », forts de leurs excédents de réserves en devises adossés à leur force productive, commencent à résister aux diktats américains.

La puissance US en a été durablement affaiblie

Il est étrange qu’il soit revenu à un Président progressiste, Barak Obama, d’en assumer la révélation au monde et à son peuple. Mais, attisé par les discours réactionnaires et nationalistes, l’électorat américain s’est laissé séduire majoritairement par le discours de Trump. « Make the US great again » est bien la reconnaissance de la perte de la domination absolue des USA sur le monde. Même si le monopole cybernétique que continuent d’avoir les USA leur assure une avance certaine. Seule la Chine s’est lancée à l’assaut de ce monopole.

Trump veut maintenir le financement de la surconsommation américaine par le reste du monde et continuer d’alimenter l’insécurité planétaire

C’est cette double injustice à l’échelle planétaire que Trump veut maintenir par la force. En bafouant le droit. Et l’affaiblissement volontaire de l’Europe, incapable de défendre les intérêts de ses sociétés, laisse tout l’espace à cette tentative de restauration de l’hégémonie US.

Une troisième injustice : l’environnement

Et il y a un troisième champ où la domination des USA provoque des effets destructeurs. C’est celui de l’environnement. Le Président G.W.Bush disait déjà que le mode de vie (de consommation) américain n’était pas négociable au regard des enjeux environnementaux. Trump a fait un pas de plus en retirant son pays de l’Accord de Paris. Un Accord pourtant bien modeste quand à ses moyens d’action.

L’hégémonie américaine est bien funeste pour les sociétés du Nord mais aussi pour l’ensemble de la planète.


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