Le Premier ministre britannique Boris Johnson déclare, en septembre 2020, qu’il ne respectera pas l’accord international que son pays a signé il y a moins d’un an avec l’Union Européenne. Une annonce tranquille de violation du droit international. Comme si le respect du droit était une chose contingente.

Le respect du droit, pierre angulaire des sociétés anglo-saxonnes

Faisant cela, Boris Johnson, BoJo comme on l’appelle, sape un des fondements de la société britannique. Et au-delà, du monde occidental. Un ensemble de pays qui se prévalait d’un rapport stabilisé à la Loi. Dans son respect absolu. Que dans la réalité ce principe ait connu de multiples « arrangements » était reconnu. Mais le respect du droit était toujours proclamé, haut et fort. Au-delà de ses accrocs jugés impossible à réprimer totalement : « nobody is perfect ! ».

GB, USA : le droit tranquillement bafoué - Boris Johnson, BoJo dans ses agitations

C’est cette limite qui vient d’être franchie par Bojo.

Trump aux USA avait déjà ouvert la voie

Aux Etats-Unis, autre chantre du respect du droit, on ne compte plus les violations du droit par le Président Trump. La dernière en date, c’est la proclamation du rétablissement unilatéral des sanctions de l’ONU contre l’Iran, alors que ces sanctions ont déjà été levées. Bien plus, Trump a retiré unilatéralement les USA de l’accord international concernant l’Iran. Double violation ! Retour assumé à la Loi du plus fort !

Le droit, la vérité…

Autant de valeurs que les pays anglo-saxons qui ont pris le leadership du monde occidental, proclamaient inviolables, sacrés. C’est au nom de ces valeurs qu’ils menaient campagne dans les pays du Sud en imposant l’agenda de « Good Governance » (Bonne gouvernance) [1] dans les enceintes internationales.

Banque mondiale, FMI, ONU, Union européenne ont adopté ces injonctions moralisatrices envers les pays du Sud. On se souvient du président de la Banque mondiale, Paul Wolfowitz partant en croisade contre la corruption en Afrique… et pris la main dans le pot de confiture avec l’octroi d’avantages exorbitants à sa compagne. Il avait dû démissionner en 2007.

Le monde continue de basculer

Ce n’est pas seulement parce que de puissants pays au Sud émergent du sous-développement. C’est aussi parce que les pays du Nord sapent leurs fondements moraux, politiques, civilisationnels.


[1] Voir « La bonne gouvernance est elle une bonne stratégie de développement ? » ==> ICI

Voir aussi sur la « Bonne Gouvernance » ==> ICI