« Les voix de Marrakech » d’Elias CANETTI (note de lecture)

Elias Canetti nous prend par la main pour nous faire vivre avec lui des moments, des rencontres à Marrakech. Nous sommes en 1953, quelques années avant l’Indépendance du Maroc.

De nombreuses scènes se passent à Jamâa El Fna, la célèbre place de la ville rose où acrobates, montreurs de singes, de serpents, conteurs… se montrent aux passants, aux badauds, aux voyageurs, aux commerçants venant chercher les produits du grand Sud… La Place conserve encore aujourd’hui ces moments de spectacle et d’échange.

Canetti nous fait toucher du doigt cette ligne infranchissable qui le sépare des habitants de Marrakech. Ainsi, quand il se mêle au cercle des auditeurs qui viennent écouter les conteurs narrer en arabe ou en berbère des histoires… quelles histoires ? Nombreux sont les étrangers, comme Elias Canetti, à rester à l’extérieur de ces narrations qui provoquent dans l’assistance rires, émotions, frayeurs, attention, questionnements…

« Les voix de Marrakech » d’Elias CANETTI (note de lecture)

La force du texte de Canetti est qu’il reconnait cette ligne infranchie entre lui et ce morceau de Sud qui s’offre à ses sens, dans cette ville, sur cette place. Il ne prétend pas la franchir, cette ligne. Il la constate, l’observe, se situe clairement de l’autre coté. Il accepte cette incompréhension d’une façon apaisée… Il demeure à sa place, bienveillant, sans prétendre comprendre l’autre.

Juste dans la jouissance de cette distance tranquille. Une belle idée du rapport à l’Autre que l’on ne connait pas.

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