Perturbateurs endocriniens, glyphosate, Catalogne et Guerre de Succession (1714)

Perturbateurs endocriniens, glyphosate, Catalogne et Guerre de Succession (1714)

Perturbateurs endocriniens, glyphosate et son round up, et autres poisons que l’industrie chimique et l’agro-industrie déversent dans notre environnement, dans notre eau, notre air, notre terre, et finalement dans nos corps : comment résister ? Les Etats et surtout la Commission européenne, capturée par les lobbies qui, littéralement, « font la loi » dans la capitale européenne [1], sont incapables de défendre les populations. Mais la résistance est possible au niveau local : ville, hôpital, lycée… s’organisent, sous la poussée des organisations citoyennes, pour prendre des mesures de protection contre ces produits toxiques, parmi d’autres initiatives qui concernent directement les citoyens.

Je fais le lien avec le bras de fer qui oppose, à l’automne 2017, la région de Catalogne au gouvernement central espagnol. La demande d’indépendance rassemble une pluralité de motivations, y compris un refus de solidarité avec les régions plus pauvres de l’Espagne (comme c’est le cas en Lombardie et Vénétie vis-à-vis du reste de l’Italie) ou des poussées identitaires radicales inspirées par l’extrême droite.

Mais le pouvoir démesuré des grandes firmes multinationales sur l’élaboration des politiques publiques, la complexité technique et juridique croissante des enjeux, la bureaucratie galopante des adminsitrations publiques (trois traits caractéristiques de la mondialisation) provoquent une demande des citoyens d’avoir collectivement la main sur les décisions qui nous concernent. Et ce regard sur les enjeux qui nous concernent est de plus en plus difficile à faire valoir avec les Etats centraux, a fortiori avec Bruxelles.

Sauf à revenir sur les acquis fondamentaux de la démocratie (ce qui n’est pas exclu), le retour des citoyens vers les entités plus proches d’eux est inéluctable. La brutalité, la raideur juridique du gouvernement central madrilène (allié des socialistes) ne réglera pas la question. Rappelons que lors de la Guerre des Successions (1701 – 1714), les dirigeants Catalans ont pris le parti de la dynastie d’Autriche qui prétendait au trône (les Habsbourg), s’opposant au candidat de la France (Louis XIV) qui avait placé un Bourbon. Toute l’Europe entre en guerre, entraînée par les rivalités des cours et les enjeux de puissance: Pays-Bas, Italie, Hongrie, Autriche, Bavière, Angleterre, France et Espagne. La cour de France finira par imposer un Bourbon à la cour d’Espagne, mais l’Angleterre sortira renforcée de cet embrasement européen.

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Au terme de guerres épuisantes pour les populations, en hommes et en impôts, les catalans seront défaits le 11 septembre 1714 par les troupes des Bourbons. Un quartier de Barcelone, El Born, rappelle ce cruel événement pour la fierté catalane (sur la photo, les ruines d’une partie de la ville détruite lors de cette défaite). Le 11 septembre est d’ailleurs le jour de la « Fête nationale » de Catalogne.

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[1] Nous renvoyons ici à l’abondante littérature qui s’est développée sur le concept de « capture de l’Etat » (« State Capture » en anglais), devant le pouvoir exorbitant que prennent les grandes firmes multinationales dans les arènes de pouvoir. Cela renvoi notamment à l’évasion fiscale, procédé d’évitement de l’impôt rendu légal par les dispositions fiscales adoptées par les Etats, capturés par les élites économiques (au nom de la défense de l’intérêt général, bien sûr).

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