La Grèce va-t-elle retrouver son autonomie ?

Août 2018. La Grèce a, selon les termes de la Commission européenne, « retrouvé l’autonomie de sa politique » par rapport aux institutions de tutelle (FMI et UE) qui ont accordé au pays près de 300 milliards de dollars depuis 2008 en échange de rudes réformes qui ont pesé pour l’essentiel sur les classes moyennes et populaires. Il parait que le 1er ministre Stipras a même mis une cravate pour l’occasion. Ces prêts ont été faits… pour permettre à l’Etat grec de rembourser aux banques privées internationales les emprunts gigantesques effectués avant 2008. Bref, ce sont ces banques qui ont été aidées !

Cela signifie que l’Etat grec va pouvoir « revenir sur les marchés internationaux de capitaux », c’est-à-dire pouvoir s’endetter à nouveau auprès des grandes banques internationales, ce qu’elle ne pouvait pas faire depuis 2008, ayant sombré dans la crise… Crise provoquée notamment par les bons conseils d’une de ces banques internationales.

Mais quelle autonomie ? Passer de la tutelle des institutions FMI et UE, à celle des marchés financiers, est-ce retrouver son autonomie ?

Comme si l’emprunt auprès des grandes banques internationales était le passage obligé pour combler les déficits extérieurs de la Grèce (et des autres pays). Aucun commentateur éclairé n’a osé s’affranchir de cette idée qui est présentée comme une évidence : tous les pays du monde doivent financer leur déficit extérieur par le recours aux banques privées internationales !

Ce système est verrouillé, dans les pays développés, par l’interdiction (oui, l’interdiction !) faite aux Etats (avec la complicité des politiques) d’emprunter auprès de leur Banque Centrale, au motif que, sous la pression des électeurs, les Etats seraient enclins à sur-emprunter à la Banque centrale du pays, ce qui serait facteur d’inflation.

C’est bien l’organisation d’une défiance absolue envers la démocratie : pour éviter la pression des électeurs, on jette les Etats sous la pression des banques privées internationales !

La démocratie est vraiment en danger dans les pays dits « démocratiques ».

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