La France et le Maroc dans le monde, en ce début du XXI° siècle.

La France et le Maroc dans le monde, en ce début du XXI° siècle.

« La France défend sa place dans le monde, une place éminente qui est menacée. Le Maroc n’avait aucune place dans ce monde. Désormais, il cherche à s’y faire une place. » Entendu lors d’une conférence à la Maison du Maroc à Paris, janvier 2016.

En quelques mots, cette phrase résume un sentiment sourdement partagé au Nord : la France recule dans le monde (la langue française, ses parts de marché, son influence diffuse, son magister…). Elle recule aussi dans l’Europe. Ce recul est double. Il s’effectue au profit du monde anglo-saxon (la langue anglaise, l’approche institutionnelle britannique qui a triomphé à Bruxelles – le primat des procédures formelles sur les contenus – la légitimité tranquille des inégalités sociales, le primat du financier…). Mais aussi au profit du reste du monde, notamment des pays émergents, devant qui les élites françaises économiques et politiques ‘font la danse du ventre’ pour vendre avions de guerre et avions civils, et autres fleurons de l’industrie française. Une danse particulièrement active notamment devant les riches dirigeants du Sud qui peuvent être par ailleurs les soutiens de nos pires ennemis. Comment concilier diplomatie économique et sécurité ? Surtout, comment apprendre à vivre sans faire partie de ceux qui dominent le monde sans partage? Comment accepter que « nous ne sommes plus seuls au monde« , selon la belle expression de Bertrand Badie?

Au Maroc, on sent une toute autre ambiance, du moins auprès des élites. Celles-ci sont tout à la conquête de nouveaux horizons en Afrique de l’Ouest et au-delà, et de bonnes positions dans les classements internationaux qui se multiplient sur tous les sujets sur lesquels on élabore des indicateurs (santé, couverture digitale, scolarisation, corruption, liberté…). Malgré les nuages qui s’accumulent dans le ciel, l’heure n’est pas à la déprime au Sud !

2 réflexions sur “La France et le Maroc dans le monde, en ce début du XXI° siècle.

    • Il est possible en effet que la langue française connaisse un fort développement, grâce aux dynamiques démographiques en Afrique de l’Ouest principalement. Mais la francophonie des africains de l’Ouest ne se développera pas d’une façon passive. Il conviendrait de modifier les politiques françaises en la matière, notamment dans les lycées français qui sont de plus en plus fermés aux enfants des classes moyennes africaines (et maghrébines) en raison de leur coût élevé. Mais aussi en termes d’accueil des migrants : la France est une des destinations européenne la moins désirée par les migrants et réfugiés.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *