Chine - Xi'an

La Chine, l’altérité radicale !

La Chine, l’altérité radicale ! 

La Chine représente l’altérité irréductible aux sociétés de l’autre bout du monde que nous constituons, Europe et Afrique confondus.

Une société qui se vit comme toutes les autres comme le centre du monde, mais qui exprime cette centralité dans son nom même : « l’Empire du milieu ». Une société dont les racines culturelles et philosophiques restent vivantes depuis près de trois millénaires : qui a ainsi « digéré » le régime communiste en l’instituant dans la continuité des structures fondamentales de l’Empire : une direction hyper-centralisée (l’Empereur et son entourage immédiat) assurant l’unité du pays, pierre angulaire de la formation sociale et politique depuis des siècles ; une structure verticale décentralisée dévouée au Centre (le Parti Communiste Chinois en place de la structure pyramidale des mandarins) ; un refoulement des structures nobiliaire locales (la Chine a toujours été faible quand les féodalités locales prenaient le dessus sur l’administration impériale) ; un équilibre social fondé essentiellement sur les liens familiaux.

Tout à l’opposé de l’Inde, morcelée en de multiples petits royaumes, dont les colonisateurs portugais, français, puis anglais, n’ont fait qu’une bouchée, la société chinoise a plié sous les coups de boutoir de l’Occident dominateur, mais n’a jamais cédé : impossible à coloniser, elle est restée unifiée même à ses pires moments de faiblesse, notamment lors de l’affaissement de la dynastie impériale au tournant du XX° siècle. Un pays qui a transformé les missionnaires chrétiens en « coopérants techniques » au service de l’Empereur, sans se laisser évangéliser. Un pays qui n’a jamais cherché à dominer le monde, mais qui reste d’une féroce vigilance sur ses marges immédiates : Tibet, Taiwan, Mer de Chine, et, avant la réunification, Macao et Hongkong. Une Chine où se ressent encore dans la population l’humiliation des « Traités inégaux » imposés par les puissances occidentales dominantes au XIX° siècle, auxquelles s’était joint le Japon du Meiji. Mais qui tire de cette humiliation aujourd’hui le moteur d’une revanche pour restaurer son rang d’Empire du Milieu.

Une société, qui reste plus que jamais vue depuis l’Europe sous une vision centrée sur la supériorité des valeurs occidentales. Voir à ce sujet l’excellent voyage dans les thinktank chinois du britannique Mark Leonard « What Does China Think ? », qui redresse bien des idées fausses qui circulent sur la Chine en Occident. Une version en français est disponible.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *