Au loup ! (histoire vraie)

Au loup ! (histoire vraie)

Termignon, août 2013.

Nous sommes dans la vallée de la Maurienne. Eric O. habite toute l’année une mande, une maison d’alpage de basse altitude, au-dessus de Termignon. Nous allons le voir avec Hugues pour lui acheter des fromages de chèvre. Il nous parle d’eau, d’avalanche, d’éboulement, de vaches et de chèvres, de son chien, de sa maison… et de loups.

En juin 2013, un loup est venu en pleine après-midi pour prendre un chevreau. Des aboiements inhabituels le font sortir. Il voit un loup marron-gris qui fuit, en remontant le couloir d’avalanche à 50 mètres de la maison, avec un chevreau dans la gueule. Eric se lance à sa poursuite. Le loup est vigoureux, mais il peine tant la pente est vive. Avant d’arriver en haut du talus, il lâche sa proie. Eric recueille le chevreau : il a été crocheté par la canine inférieure du loup, mais aucun organe n’a été atteint. Il le ramène dans l’enclos aux bons soins de sa mère-chèvre. Trois jours après, le chevreau est sur ses pattes, plein de vie.

Eric nous raconte qu’en octobre dernier (2012), il a été intrigué par l’agitation du troupeau qui se précipitait vers son enclos d’une façon désordonnée. Il accoure, et voit, à 15 mètres de lui, un animal qu’il prend pour un chien, qui pousse le troupeau devant lui. L’animal ne l’a pas vu, tout occupé par les chèvres. Eric parle à ce qu’il prend pour un chien. L’animal découvre l’homme en face de lui, gronde, et prend la fuite vivement. C’était un loup, un loup blanc et gris, comme le confirmera le gendarme alerté quelques jours plus tard.

Eric nous décrit les manœuvres des loups pour détacher une bête d’un troupeau compact : il peut commencer par le blesser à une jambe, pour l’affaiblir et créer une première distance entre la bête touchée et le reste du troupeau affolé qui fuit. Puis il coupe le chemin de la bête mordue pour la faire fuir en direction opposée de celle du troupeau. Sa proie est maintenant isolée. Les chiens et le berger s’occupent de calmer et de protéger le troupeau, le loup peut fondre sur la bête blessée, affaiblie, isolée.

Nous avons vu l’homme qui a vu le loup !

On trouvera sur ce site des photos de cette magnifique vallée de la Maurienne. Mais pas de photos de loup ! Ni d’éléphant… mais ceci est une autre histoire !

Voir les photos –> http://jacques-ould-aoudia.net/photos/photographie-france/maurienne-hannibal/

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